Guerre en Ukraine - L’essence à la pompe s’approche des 2 francs 50 par litre

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Guerre en UkraineL’essence bientôt à 2,50 fr. par litre: les records vont être battus

L’envolée des prix du pétrole a déjà des répercussions concrètes sur le quotidien des Suisses. La barre des 3 francs par litre devrait être dépassée. Dans une station-service, les prix ont pris 10% en deux heures mercredi matin.

«À 4 francs le litre, je prends les transports en commun»

Trois francs le litre d’essence, qui dit mieux? Trois francs et vingt centimes? Entre les estimations publiées mercredi matin par la «RTS» et celles relayées mardi par «20 Minuten», les consommateurs ont de quoi se faire du souci pour leur porte-monnaie. Les automobilistes voient les prix affichés devant les stations-service s’envoler à vue d’œil depuis plusieurs jours, conséquence de la guerre en Ukraine et des sanctions internationales prises contre la Russie.

Les prix de l’essence n’arrêtent pas de s’envoler.

Les prix de l’essence n’arrêtent pas de s’envoler.

20 minutes/jbm

«20 Minuten» cite Timo Ohnmacht, sociologue spécialisé dans la mobilité pour qui le prix de 3,20 francs pour un litre d’essence est probable. La «RTS» se réfère aux projections de Frédéric Potelle, directeur de la recherche à la banque Bordier, qui pense que la barre des 3 francs par litre n’est pas exagérée. Du côté de Avenergy Suisse (anciennement Union Pétrolière), on se montre plus prudent. Martin Stucky, responsable Technique et Communication pour la Suisse Romande, nous a indiqué qu’il était impossible pour Avenergy «de faire des prévisions» bien que «rien n’indique que les prix vont baisser».

Et c’est le moins qu’on puisse dire, les prix affichés devant une station-service en Valais ce mercredi matin parlent d’eux-mêmes avec une hausse d’environ 10% entre 9h et 11h (voir photos ci-dessous).

Records bientôt dépassés

Le prix de l’essence n’avait jamais été aussi élevé que depuis 2008, en juillet. En moyenne mensuelle, le prix à la pompe s’était alors élevé à 1,94 fr. par litre. En février de cette année, la hausse était déjà bien sensible avait un coût moyen sur le mois à 1,76 fr. Au rythme où les prix augmentent depuis le début du mois de mars, il ne fait quasiment aucun doute que ce record sera allègrement battu, d’autant qu’une mesure rapide et qui ferait diminuer le prix pour le consommateur,  savoir la suspension de l’impôt perçu par la Confédération, n’est «pas à l’ordre du jour» et réside entre les mains du Parlement, a indiqué le Département fédéral des finances mercredi.

Une seule solution: la fin de la crise

Pour Martin Stucky, un seul facteur pourrait stabiliser ou faire baisser les prix dans l’immédiat: «La fin de la crise en Ukraine.» Avenergy esquisse toutefois des possibilités de voir le marché se détendre un peu. La première viendrait des Etats-Unis et du pétrole de schiste qui s’échange à des prix plus modestes. La seconde est plus improbable: la fin des sanctions américaines sur les exportations de pétrole produit en Iran, en lien avec les accords sur le nucléaire iranien.

«La semaine dernière, la perspective d’un accord imminent sur le nucléaire a été l’un des rares facteurs à pouvoir donner une légère impulsion baissière aux bourses du pétrole. Il n’est toutefois pas certain que l’on parvienne effectivement à un accord (…), ce qui entraînerait la levée des sanctions américaines sur le secteur pétrolier iranien et permettrait le retour d’importantes quantités de pétrole iranien sur le marché mondial dans un délai relativement court. Cela permettrait au moins de détendre quelque peu la situation de l’approvisionnement», explique Martin Stucky. 

Ce dernier assure encore que la Suisse n’est pas menacée par une pénurie de carburants. «La situation du marché des huiles minérales est beaucoup plus robuste que celle du gaz naturel, où la dépendance vis-à-vis de la Russie et des pipelines d’importation est grande», résume-t-il.

(jba)

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