Suisse: L’essence est chère mais personne ne veut empoigner le problème
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SuisseL’essence est chère mais personne ne veut empoigner le problème

La Suisse est un îlot de cherté en Europe quand il s’agit de passer à la pompe. Un allègement est à l’étude mais il y a une lutte pour savoir qui doit ou peut intervenir sur cette question.

Selon une comparaison du TCS, sur 26 pays, seuls 6 ont des prix plus élevés que la Suisse pour l’essence.

Selon une comparaison du TCS, sur 26 pays, seuls 6 ont des prix plus élevés que la Suisse pour l’essence.

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Le phénomène est flagrant au Tessin. L’État italien ayant décidé une baisse de 30 centimes, les Suisses vont se ravitailler de l’autre côté de la frontière alors que, durant des années, c’était l’inverse qui se produisait, rapporte le «Tages-Anzeiger». Même phénomène avec la France où l’État a baissé de 15 centimes (hors taxes) le prix du litre.

Cette situation est peu réjouissante pour les stations-services proches de la frontière italienne. Le spectre de fermetures et de suppressions d’emplois est à craindre. Surtout si la situation se prolonge. Car Rome a indiqué prolonger la baisse des taxes sur les carburants jusqu’au 8 juillet. Avec la France, le phénomène est moins dramatique.

Attentisme de la Suisse

Pour l’heure, la Suisse n’a pas réagi et elle n’a pas baissé ses prix comme le demandent des politiciens du camp bourgeois. Pourtant, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a annoncé que le sujet était sur la table du Conseil fédéral. Mais rien ne bouge si ce n’est la constitution d’un groupe de travail interdépartemental.

Sur ce sujet, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et l’Association des importateurs de pétrole Avenergy veulent aussi avoir leur mot à dire. «À la fin de la semaine dernière, nous avons écrit à l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières pour lui demander de siéger à ce groupe de travail», confirme Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’USAM.

Les Suisses peu sensibles aux prix selon Avenergy

Le quotidien alémanique constate que les prix élevés n’ont pas encore influencé les ventes de carburant en Suisse. À la mi-mars, lors de l’envolée des prix, on a même enregistré des ventes record de diesel. Avenergy y voit trois raisons. Premièrement, avec la fin des restrictions Corona à la mi-février, le besoin de voyager a repris et aussi la vente de carburant. Deuxièmement, la population n’est pas aussi sensible aux prix qu’on le dit dans les médias, selon les importateurs de produits pétroliers. De plus, il est probable que les entreprises industrielles ou les sociétés actives dans la logistique aient fait des stocks par crainte de pénurie.

Des effets retardés

Les exploitants des stations-services maintiendraient artificiellement les prix à la pompe même en cas de baisse du prix du pétrole entend-on souvent. Selon une évaluation du «Tages-Anzeiger», les prix réagissent avec beaucoup de retard à la baisse du prix du pétrole brut. Les répercussions pour le consommateur final ne sont pas immédiatement visibles.

(jbm)

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