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GenèveL’Etat à l’aide des employés ulcérés de Swissport

Malgré une nouvelle manifestation ce jeudi, l'entreprise d'assistance au sol n’entend pas négocier les nouveaux contrats du personnel, jugés scandaleux. Le Canton va tenter une médiation.

par
David Ramseyer
Une employée de Swissport, lors du rassemblement organisé à l’aéroport, mardi 12 janvier 20121.

Une employée de Swissport, lors du rassemblement organisé à l’aéroport, mardi 12 janvier 20121.

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Dégoûtés par les contrats «bas de gamme» qu’ils doivent signer d’ici deux semaines, sous peine de risquer leur place, les salariés genevois de Swissport balancent aujourd’hui entre colère et espoir. Mardi, ils avaient adressé à leur direction un ultimatum de 48 heures pour revoir ces contrats qui comprennent notamment des baisses de salaire allant jusqu'à 1200 francs par mois, selon les syndicat. Ce jeudi, environ 200 employés ont manifesté devant l’aéroport. Une rencontre a suivi avec la société d'assistance au sol. En vain: elle a refusé de négocier (cf. encadré).

Mais au terme d’un nouveau rassemblement dans l’après-midi, cette fois devant le Département de l’emploi, le conseiller d’Etat Mauro Poggia a reçu une délégation du personnel. Une rencontre entre le Canton et Swissport se tiendra en début de semaine prochaine.

«Vie décente» en jeu

«On garde espoir, assure Pablo Guarino, du Syndicat du personnel des transports. Nous avons pu exposer la situation au magistrat, qui a été très à l’écoute et s’est montré compréhensif.» Pour l’instant, les salariés et leurs représentants préfèrent actionner le levier politique plutôt que faire grève, comme certains l’ont proposé. «A l’heure qu’il est, avec un aéroport qui fonctionne au ralenti, la grève n’est pas un outil efficace, relève Pablo Guarino. Mais elle reste une option pour l’avenir.»

De son côté, Mauro Poggia entend «éclaircir les points de divergence». Il souligne qu’en temps de crise, «le Canton doit, plus que jamais, s’engager pour la préservation des emplois, et s’assurer que les conditions salariales ne soient pas détériorées au point de précariser des salariés qui ne pourraient plus, tout en travaillant à plein temps, assumer la couverture des charges d’une vie décente». Le conseiller d’Etat en appelle
«à la bonne volonté et la bonne foi de tous les acteurs».

La faute au Covid, selon Swissport

Pour justifier sa position, le spécialiste de l'assistance au sol invoque la pandémie du coronavirus, qui aurait fait reculer sa production moyenne d’environ 75%. «La plus grande crise jamais connue dans l'industrie aérienne exige des actions immédiates et ne permet pas de nouveaux retards résultant d'un nouveau processus de négociation», écrit la direction, dans un communiqué publié ce jeudi. Selon elle, c’est «le seul moyen d’assurer la pérennité de Swissport à Genève et de préserver le plus grand nombre d'emplois possible». Elle souligne aussi que les mesures contractuelles touchent tout le personnel, y compris le management. L’entreprise assure qu'un retour à une convention collective de travail sera possible «une fois la situation du secteur stabilisée. Cependant, l'incertitude actuelle (…) ne permet pas de l'envisager à bref échéance.»

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208 commentaires
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Édith Pouf

15.01.2021 à 21:52

"Sexist Duterte says Philippine presidency not a job for women" Sept jours plus tard je tourne la page pour lire les dernières nouvelles suisses «La présidence, ce n’est pas pour les femmes» C'est là que je suis tombée de mon fauteuil suisse (made in China) sur mon pouf chinois de qualité suisse, et sous mon poids lourd cette fraîche nouvelle a fait POUF.

Bananarama

15.01.2021 à 20:34

Ils n'ont qu'à se mettre en grève massivement.

PIB country of the lights

15.01.2021 à 17:26

Les régions Rhône - Alpes et celle de Franche- Comté ont pour principale source d' exportation celle de leurs chômeurs. Et ces derniers nous prennent encore de haut.