Genève: L’Etat ne veut pas des fonctionnaires pour convoyer les détenus
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GenèveL’Etat ne veut pas des fonctionnaires pour convoyer les détenus

Faute de budget, l’exécutif cantonal juge impossible d’engager du personnel pour le transport de prisonniers. Il veut changer la loi pour faire appel à des sociétés privées.

par
David Ramseyer
KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

C’est un retour en arrière que souhaite le Conseil d’Etat, dans le dossier du convoyage et de la surveillance des prisonniers. Alors qu’en 2016, les députés avaient voté en faveur d’une internalisation de ces missions, l’exécutif a annoncé mercredi qu’il souhaitait changer la donne. Via une modification de la loi, il veut déléguer une partie de ces tâches à des sociétés privées.

Pour le gouvernement cantonal, pas question que le transport de détenus entre une prison et le palais de justice, par exemple, ne soit confié qu’à des fonctionnaires. Et pour cause, a insisté le conseiller d’Etat Mauro Poggia, chargé de la sécurité: «Nous n’avons pas l’argent pour engager du personnel, car le Grand Conseil n’a pas libéré les budgets nécessaires pour cela».

Les partisans d’une internalisation avaient aussi mis en avant une solution qui privilégiait l’emploi local. Selon le magistrat MCG, l’argument reste valable en signant des contrats avec des entreprises du cru. Il a aussi indiqué que les activités du prestataire privé devaient être menées «à la satisfaction de toutes les parties» et qu’elles seraient «supervisées par le personnel de l’office cantonal de la détention».

Colère du syndicat des fonctionnaires

Le Grand Conseil devra se prononcer sur ce projet de modification de la loi sur le convoyage et la surveillance des détenus hors des établissements pénitentiaires.

Le syndicat des services publics (SSP) a exprimé sa «stupeur» et sa «colère» à l’annonce du Conseil d’Etat: «Ces modifications visent à maintenir dans le giron privé des tâches pourtant essentielles de sécurité publique». Selon le SSP, ces missions doivent être effectuées par des assistants de sécurité publique assermentés et au bénéfice d’une formation spécifique. Le syndicat relève par ailleurs que si «aujourd’hui, le Conseil d’Etat prétend ne pas pouvoir engager le personnel nécessaire à la reprise de ces prestations par l’Etat, il avait pourtant 5 ans pour s’en donner les moyens».

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136 commentaires
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serieux

11.09.2020, 13:43

c'est bien suivons le modèle américain ou tous est privatisé . on voit ce que ça donne ... je me demande de plus en plus pour quoi mais surtout pour qui on paye des impôts 🤷🐑

Shyra

11.09.2020, 11:07

L'argument avancé comme quoi la personne doit être "assermentée" ne tient pas la rampe. Il est également prévu que tout fonctionne se doit d'habiter sur le canton où il travaille et nombreux habitent sur France. Il est temps d'arrêter cette politique de l'autruche et de respecter les directives de Berne. Nous ne pouvons pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

Meilleur équilibre

10.09.2020, 15:23

Ils n'ont qu'à arrêter d'engager au service du stationnement et engager là où ils ont besoin de personnel. Mais non vaut mieux engager de quoi ennuyer les citoyens plutôt que d'engager de quoi les protéger.