17.09.2020 à 11:26

GenèveL’Etat prévoit de perdre 1,5 milliard en 2020 et 2021

Le gouvernement a présenté son projet de budget 2021. Il anticipe un déficit de 500 millions. La somme s’ajoute au milliard de pertes estimées en 2020.

de
Jérôme Faas
Antonio Hodgers, président du Conseil d’Etat, lors de la présentation du projet de budget 2021 du gouvernement genevois. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Antonio Hodgers, président du Conseil d’Etat, lors de la présentation du projet de budget 2021 du gouvernement genevois. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

keystone-sda.ch

Avis de gros temps sur les finances genevoises. Le Conseil d’Etat a présenté ce jeudi son projet de budget 2021 et le déficit prévu est, comme attendu, extrêmement lourd: 501,3 millions de francs. La tempête était en bonne partie parfaitement prévisible, vu les trois réformes votées par le peuple en 2019: celle sur la fiscalité des entreprises (RFFA), celle sur la hausse des subsides d’assurance-maladie, et celle sur la recapitalisation de la caisse de retraite des fonctionnaires (CPEG). Leur coût cumulé, en 2021, atteint 631 millions. Mais à cela s’ajoute, bien sûr, les effets économiques de l’épidémie de covid-19: ils détériorent le résultat de l’année 2021 de 100 millions supplémentaires, hors revenus fiscaux, a évalué le gouvernement.

Le plus grand déficit de l’histoire

Ces estimations reposent néanmoins sur un pari, qu’explicite ainsi le Conseil d’Etat: «Ce scénario repose sur l’hypothèse qu’une dégradation subite de la situation sanitaire ne se produira pas.» Il vaudrait mieux, car le tableau s’en trouverait sévèrement dégradé, si on en juge par les résultats prévus par l’exécutif cette année: «Les déficits attendus sur 2020 sont supérieurs au milliard, a indiqué le président Antonio Hodgers. Ils devraient atteindre 1,1 ou 1,2 milliard. Il s’agit du plus grand déficit de l’histoire de Genève. Mais nous avons les moyens d’y faire face», notamment en puisant dans le trésor de guerre de quelque 900 millions constitué les années précédentes (la réserve conjoncturelle).

«Le pire reste à venir»

Reste que le Conseil d’Etat avance en terrain mouvant. «La situation que nous vivons aujourd’hui est faite d’incertitudes majeures, a ainsi commenté Antonio Hodgers. En matière d’effets de la crise sanitaire sur l’économie, nous estimons que le pire reste à venir, mais nous ne pouvons pas l’estimer précisément. Nous travaillons dans le brouillard.»

Au milieu de cette tornade, le gouvernement a néanmoins choisi d’accorder des moyens supplémentaires dans certains domaines «pour répondre aux besoins en lien avec la crise». Ainsi, par rapport à cette année, 100 millions supplémentaires ont été attribués au social, 27 millions à la formation, 10 millions à la santé et 3 millions à la mobilité.

Fonctionnaires à la caisse

Parallèlement, le Conseil d’Etat s’est employé à contenir les charges, qui n’augmenteront que de 0,6%, contre 2,5% en moyenne au cours des vingt dernières années. «Historiquement, la progression des charges n’a jamais été aussi basse que dans ce projet de budget 2021», a souligné la conseillère d’Etat chargée des Finances, Nathalie Fontanet. L’exécutif proposera au Grand Conseil, qui aura le dernier mot, d’y parvenir par plusieurs moyens. Il entend d’abord faire davantage participer les communes au financement du social (d’environ 4%, soit quelque 90 millions par an au terme de la réforme souhaitée). Et, comme dévoilé la semaine dernière, il propose de faire passer les fonctionnaires à la caisse, via trois mesures: salaires rabotés de 1% durant 4 ans, suppression des annuités (progression salariale) en 2021 et 2023, modification de la répartition des cotisations aux caisses de retraite (42% employé-58% employeur, au lieu d’un tiers-deux tiers aujourd’hui).

«Nous ne pouvons pas laisser filer les charges alors que nous savons que nous savons que les rentrées fiscales seront érodées», a exposé Antonio Hodgers, complété par Thierry Apothéloz, conseiller d’Etat chargé du Social: «On peut faire le choix de ne pas développer la formation et le social et maintenir les salaires des fonctionnaires, mais ce n’est pas notre choix.»

8 milliards d’investissements

L’exécutif a néanmoins décidé de continuer à créer des postes, 353 exactement, dont 62 directement liés à de nouvelles tâches relatives au covid-19. Il a aussi opté pour le maintien des investissements «à un niveau élevé, voire très élevé», a indiqué Serge Dal Busco, conseiller d’Etat chargé des Infrastructures. Il est ainsi prévu de dépenser 8,1 milliards au cours des dix prochaines années. «C’est une action que l’on peut qualifier d’anticyclique (ndlr: qui permet de relancer l’économie) que nous entendons mener. Ces investissements permettront aussi de rattraper certains retards pris dans les infrastructures. Et ils assureront les transitions numérique - 720 millions sur 8 milliards -, et écologique – 3 milliards sur 8 milliards.»

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313 commentaires
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Didier

18.09.2020 à 18:49

Et pourtant nous n'arrêtons pas de payer des impôts!

Valérie

18.09.2020 à 17:20

Gestion pitoyable depuis au moins 30 ans des deniers publics. Lamentable et honteux.

Le Grisonnais

18.09.2020 à 17:02

Quelle gestion calamiteuse et scandaleuse de ce CE ! Pensons-y lors des prochaines élections ! Car ils nous prennent pour des imbéciles !