Actualisé 21.06.2020 à 12:18

Tourisme en Suisse

L’été arrive, la cabane Rambert rouvre ses portes

Située au pied du Grand Muveran (VS), la cabane Rambert, qui culmine à 2582 mètres, a recommencé à accueillir des randonneurs depuis samedi.

Perchée au-dessus d’Ovronnaz (VS), la cabane Rambert a officiellement ouvert la saison samedi. Que du bonheur pour la gardienne et ses clients, tous plus ravis les uns que les autres de profiter du grand air, de fondue et de tartes faites maison.

Depuis l’alpage de Chamosentze, le panneau jaune annonce 1h55. Plusieurs voitures sont déjà garées le long de la route et, au loin, on distingue des petits points colorés avancer sur la roche puis disparaître derrière un raidillon enneigé.

Un névé s’étale sur les deux tiers du chemin qui mène au refuge. L’hiver s’accroche encore un peu, mais pas de quoi effrayer les randonneurs prêts à suivre les marques blanches-rouges-blanches jusqu'au bout du monde qui porte, ce jour-là, le nom de cabane Rambert.

«Moins de neige que d’habitude»

«Cette année, il y a beaucoup moins de neige que d’habitude. Les chemins d’accès sont vraiment praticables», assure à Keystone-ATS la gardienne Sandrine Zweili, satisfaite d’avoir pu ouvrir la cabane, qui appartient à la section des Diablerets du Club alpin suisse, malgré les circonstances liées à la crise du coronavirus.

C'est qu'il lui a fallu plusieurs mois pour tout préparer avec les contraintes imposées. «Un défi», glisse-t-elle, «mais maintenant je me sens prête pour accueillir les gens».

Promeneurs et bouquetins au soleil

Les promeneurs, qui profitent de la chaleur sur la terrasse de la cabane, perchée à 2582 mètres, cherchent leurs jumelles avec excitation. Un groupe de bouquetins, lui aussi bien posé au soleil, a été aperçu sur une arête qui fait face au refuge.

«On ne s’en lasse jamais», confie un habitué de ce parcours sur le point de redescendre. C’est la première fois de la saison qu’il monte «et ça fait un bien fou». Non loin, Christophe et Norman, un père et son fils habitant Delémont, abondent. «C’est la première cabane de l’été mais certainement pas la dernière».

Les cabanes de montagnes s’apparentent à un service public, estime Sandrine Zweili, 32 ans, qui gère celle-ci depuis deux ans. «On se doit d’ouvrir». D’autant que cette année, elle a reçu davantage de messages de réjouissance et les réservations en ligne se multiplient. «Les gens ont hâte d’aller en montagne, de découvrir ou redécouvrir la Suisse».

Une quarantaine de dormeurs

Dans les dortoirs, c’est compliqué de pouvoir garder cette distance de 2 mètres entre les lits, note Sandrine Zweili. Elle ne peut mettre que deux groupes par chambre. Son taux de remplissage dépend donc non seulement du nombre de personnes mais surtout du nombre de groupes qui s’enregistrent. Ce soir, elle est chanceuse, chaque groupe fait la taille de la chambre.

Une quarantaine de personnes dormiront dans la cabane qui affiche presque complet, à l’image de deux familles avec jeunes enfants qui occupent la chambre «Grand Muveran». «La montée c’est allé», souffle l’un des garçons. Mais c’est surtout de la descente en glissant que se réjouit toute la petite troupe qui a emprunté le chemin depuis le télésiège qui relie Ovronnaz aux Jorasses.

Certes ce premier week-end ensoleillé a attiré les marcheurs, mais à la cabane Rambert ce n'est pas la météo qui fait la pluie et le beau temps. «Il y a toujours du monde qui va monter», affirme Sandrine Zweili. En période de moindre affluence, on prépare tout ce qui peut l'être. Pas question par exemple de se retrouver sans gâteaux faits maison. «C'est quelque chose d'inenvisageable».

L'amour de la fondue

La crise sanitaire n’est pas vraiment abordée par les clients. «Les seules demandes liées aux mesures mises en place sont venues d’accompagnateurs qui amènent des groupes et qui doivent être sûrs que tout a été fait dans les règles de l’art», souligne la gardienne.

«On ne se fait pas la bise mais on partage une fondue», résume en riant un groupe franco-vaudois attablé devant un caquelon dont on voit déjà le fond. «Ces moments de convivialité nous avaient manqué», ajoutent les mangeurs, un sourire jusqu'aux oreilles, un verre de Petite Arvine à la main. La fondue, c’est décidément plus fort que le coronavirus.

(ATS)

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14 commentaires
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réponse à 2ème vague

22.06.2020 à 20:37

Sachez que si une deuxième vague de la pandémie devrait arriver, ce ne sera pas parce que les gens auront été à la montagne. Elle arrivera plutôt à cause de toutes ces manifestations qui ont eu lieu dernièrement dans différentes villes de Suisse, et encore ce weekend à Fribourg où l'on peut voir dans la galerie photo du site du quotidien de La Liberté des manifestants collés les uns aux autres sans masques. Personnellement c'est d'eux que j'ai peur.

Doudou

22.06.2020 à 07:25

Un grand coup de chapeau à la gardienne! C’est un endroit absolument splendide, et on y est très bien accueillis! L’avantage avec les cabanes, c’est que les ronchons n’y montent pas ;-)

Amédée Prougnard

21.06.2020 à 15:28

Avec le réchauffement, le permafrost va dégeler et la cabane va tomber du caillou.