Lettre d'avertissement à tous les parents d'obèses

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Lettre d'avertissement à tous les parents d'obèses

Pour lutter contre le phénomène de surpoids chez les écoliers, les autorités britanniques écriront aux parents.

Pas question d'utiliser le mot «obèse», des études ayant jugé le terme «profondément offensant». Pour sensibiliser les parents à l'excès de poids de leur enfant, le ministère britannique de la Santé a choisi l'expression «en forte surcharge pondérale». Et tant pis si le Forum national sur l'obésité à jugé la distinction «ridicule».

C'est bien avec ces mots que les écoles d'outre-Manche avertiront désormais systématiquement par lettre les familles des élèves en surpoids. Le gouvernement a présenté hier un programme de lutte contre l'obésité chez les plus jeunes. Dès septembre, les résultats des mesures de la taille et du poids de 1,2 million d'enfants seront automatiquement envoyés à leurs parents. Ils seront accompagnés de conseils sur la manière de lutter contre l'excès de poids. En 2006-2007, 22,9% des enfants de 4-5 ans étaient en surcharge pondérale ou obèses en Grande-Bretagne. La proportion passait à 31,6% pour les 10-11 ans.

En Suisse, rien de tel pour le moment. Ancien directeur d'école, le maire de Genève, Manuel Tornare, réagit: «Il faut informer les parents, pas les culpabiliser. Le rôle des pouvoirs publics est surtout d'agir à titre préventif. Les industries de l'alimentaire portent une lourde responsabilité. Tant qu'elles ne changeront aps de politique, il sera difficile de venir à bout du problème.»

Autre méthode en France pour lutter contre l'obésité. Un rapport remis au gouvernement préconise de taxer sodas, pizzas ou hamburgers. Le document plaide aussi pour un accroissement de la fiscalité sur l'alcool, évoquant ses coûts sociaux «mais aussi ses effets sur certains cancers, trois fois plus importants que ceux des autres produits alimentaires». Le surpoids et l'obésité favorisent aussi les maladies cardiovasculaires et le diabète. «Plutôt que de fiscaliser, je préfère l'éducation, commente Pierre-François Unger, ministre genevois de la Santé. L'impôt a ses limites. Dans la lutte contre le surpoids, il faut aussi faciliter l'accès à l'effort physique.»

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