Polémique Ferrari: «Leur attitude a frisé le ridicule»
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Polémique Ferrari«Leur attitude a frisé le ridicule»

Le doublé réussi par Ferrari dimanche lors du Grand Prix d'Allemagne à Hockenheim suscite de nombreuses réactions. Le commentateur F1 de la TSR, Maïque Perez, nous livre la sienne.

par
Catherine Muller

«Sur le principe même, je trouve que cette règlementation qui interdit les consignes d'équipes ne devrait pas exister en F1. C'est une discipline individuelle certes, mais également collective. Que l'intérêt suprême de l'équipe puisse prendre le dessus sur celui des pilotes, je trouve ça normal, estime le journaliste sportif. Reste que la règle existe, il faut donc la respecter».

Mais Maïque Perez, comme ceux qui gravitent aux abords des paddocks, n'est pas naïf pour autant. «La majorité des écuries contournent la loi, en donnant quand même des consignes. Mais elles le font, dans la plupart des cas, de manière plus subtile. Il suffit, par exemple, de dire à son pilote qu'il doit économiser de l'essence pour lui faire comprendre qu'on souhaite qu'il lève le pied».

Dans l'affaire Massa-Alonso, le commentateur trouve qu'il y a une grande maladresse de toutes parts. «D'abord, le message radio adressé à Massa (voir encadré), puis la façon dont le Brésilien a laissé passer Alonso, et surtout, la manière dont les deux pilotes ont nié l'évidence lors de la conférence de presse. Ça frisait le ridicule.»

En plus d'avoir d'ores et déjà reçu une amende (ndlr: 100 000 francs), l'écurie Ferrari sera convoquée devant le Conseil mondial de l'automobile, organe de la FIA. Que risque-t-elle? «Soit une nouvelle amende, plus forte que la première. Dans le cas extrême, l'écurie pourrait se faire exclure du championnat en cours, mais je n'y crois pas. Le plus logique, à mon sens, et au vu de leur entêtement à nier l'évidence, serait de déclasser Massa et Alonso du Grand Prix d'Allemagne», estime Maïque Perez.

Petite anecdote un brin cocasse: l'actuel président de la FIA, Jean Todt, était directeur de l'écurie Ferrari en 2002, lors de l'affaire Barichello-Schumacher, à l'origine de l'interdiction des consignes d'équipes (voir encadré). «Il n'est pas forcément dans une position des plus confortables», souligne le journaliste.

Reste que la règle finira bien par être débattue au sein de la FIA. «Le mieux serait qu'on l'abolisse dans les meilleurs délais. Et heureusement, lorsque la FIA décide de faire bouger les choses, elle peut le faire rapidement», conclut Maïque Perez.

Le dépassement de Rubens Barrichello par Michael Schumacher lors du GP d'Autriche 2002

Consignes interdites depuis 2002

Alors que les consignes d'équipes sont formellement interdites en F1 depuis huit ans, suite à l'épisode entre Barrichello et Schumacher lors du GP d'Autriche en 2002 (ndlr: le Brésilien avait laissé passé son coéquipier allemand juste avant le drapeau à damiers), l'écurie au cheval cabré se retrouve de nouveau sur le devant de la scène pour une affaire similaire.

Lors du Grand Prix d'Allemagne couru dimanche, le Brésilien Felipe Massa a offert la victoire à son coéquipier espagnol Fernando Alonso en se laissant délibérément dépasser au 49e des 67 tours, après avoir reçu, de la part de son écurie, le message radio suivant: «Fernando est plus rapide que toi. Peux-tu me confirmer que tu as compris le message?».

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