Publié

Euro 2020L’Euro avance, mais le Covid lui court après

Un cas positif en Écosse, deux Anglais à l’isolement et Mario Draghi demande que la finale ne se joue pas en Angleterre. Le virus est revenu de plein fouet dans l’actualité du tournoi.

par
Valentin Schnorhk
(Rome)
Le président du Conseil italien Mario Draghi souhaite que la finale de l’Euro ne se dispute pas «dans un pays où les cas augmentent rapidement.»

Le président du Conseil italien Mario Draghi souhaite que la finale de l’Euro ne se dispute pas «dans un pays où les cas augmentent rapidement.»

AFP

Cela aurait été presque trop beau. Un Euro où les références à la pandémie se seraient limitées aux tests PCR et aux jauges dans les stades. Juste pour faire simple, pour rappeler que tout n’est pas encore derrière nous, mais que la vie peut quand même reprendre. Et en même temps, il fallait bien que ça arrive, que le Covid devienne une thématique. Depuis lundi, le virus est revenu frapper de plein fouet l’Euro, et l’UEFA se retrouve à nouveau confrontée à des questions croisant logistique, politique, santé publique et finances.

Pour ce qui est du plus concret et le moins réjouissant, il y a eu le premier cas depuis le début de compétition. Ceux touchant l’Espagnol Sergio Busquets, puis le Portugais João Cancelo sont tombés avant les premiers matches de leurs équipes respectives. Les tests sont récurrents au sein des équipes et chacune est dans sa bulle. La prévention à son maximum. Mais avec ses limites, et le cas positif de l’Écossais Billy Gilmour est venu le rappeler. Homme du match contre l’Angleterre (0-0), le joueur de Chelsea a probablement terminé son Euro, même s’il est asymptomatique. Et puisque les footballeurs sont des humains, cela a des répercussions: après la rencontre de vendredi, dans le tunnel menant aux vestiaires, Gilmour avait discuté quelques minutes avec ses coéquipiers en club Mason Mount et Ben Chilwell.

Les deux internationaux anglais ont été à leur tour placés à l’isolement par leur sélection nationale. Mesure de précaution surtout, sachant que leurs tests respectifs ont été négatifs. «Dans le pire des cas, ils seront absents pendant dix jours à compter de vendredi dernier», a expliqué Gareth Southgate, le sélectionneur anglais. Peu de chance de les revoir avant les quarts de finale, sachant que les huitièmes de finale se disputeront entre samedi et mardi prochains. Voilà pour ce qui touche au plus près du sportif.

Draghi se positionne

Mais cet Euro a aussi pris une dimension politique. En marge de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le président du Conseil italien Mario Draghi s’est positionné sur l’organisation de la compétition: «Je m’engagerai pour que la finale ne se dispute pas dans un pays où les cas augmentent rapidement.» Pas de cible explicite, mais le message a été compris. Le Royaume-Uni, et donc l’Angleterre, est dans le viseur. Le variant Delta y est devenu majoritaire et la courbe est repartie à la hausse. Les différents gouvernements sont de plus en plus restrictifs en ce qui concerne les voyageurs en revenant (dix jours de quarantaine pour la Suisse, par exemple). Et pourtant, les demi-finales et la finale de l’Euro doivent se jouer à Londres les 6, 7 et 11 juillet.

«Je m’engagerai pour que la finale ne se dispute pas dans un pays où les cas augmentent rapidement.»

Mario Draghi, président du Conseil italien

Bref, voyager vers Glasgow (où se tient un 8e de finale) ou Wembley (qui en accueille deux) est un casse-tête. Un système de bulle de 24 heures pour les supporters et autres suiveurs est évoqué. Et un plan B, tel que le suggère Draghi? Selon le Times, l’UEFA étudie la question. Budapest en est un, mais pas forcément populaire pour des questions politiques. Le gouvernement de Viktor Orban n’est pas des plus ouverts, pour le dire simplement. Mario Draghi a donc forcément une idée derrière la tête: ramener une finale à Rome. La maire Virginia Raggi est déjà séduite: «Nous sommes prêts, a-t-elle écrit sur Twitter lundi soir. Après le succès du match d’ouverture, Rome et l’Italie ont montré qu’ils savaient organiser des grands événements internationaux.»

Dans la capitale antique, qui a accueilli trois matches dans cet Euro avant un quart de finale, la vie a repris. Le masque y est toujours un accessoire prioritaire, mais les Romains ont retrouvé un semblant de normalité. Les courbes ne remontent plus, et le pays se relève après avoir tant souffert. Reste que l’option est pour l’instant balayée par l’UEFA. «Il n’y a pas de plans pour changer les demi-finales et la finale de ville», s’est-elle positionnée. Il faudrait que la situation soit «extrême», plaide-t-elle. À deux semaines de la fin du tournoi, elle laisse le temps jouer pour (ou contre) elle.

Ton opinion