Economie - L’Europe à la traîne par rapport aux Etats-Unis et à la Chine
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EconomieL’Europe à la traîne par rapport aux Etats-Unis et à la Chine

Alors que la Chine et les Etat-Unis voient leur économie rebondir, la zone euro est techniquement en récession.

Image d’illustration.

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La zone euro a encaissé une nouvelle contraction de son économie au premier trimestre et est même entrée techniquement en récession, sous l’effet des restrictions sanitaires et des retards dans les vaccinations, au moment où les Etats-Unis et la Chine affichent une croissance insolente. Le produit intérieur brut des 19 pays ayant adopté la monnaie unique a reculé de 0,6% entre janvier et mars, selon une première estimation publiée vendredi par l’Office européen des statistiques.

Ce nouveau repli fait suite à une baisse du PIB de 0,7% au quatrième trimestre 2020, ce qui fait entrer formellement la zone euro en récession. Mais il reste modéré par rapport à l’effondrement record de 11,6% enregistré au deuxième trimestre 2020 lors du premier confinement, qui avait été suivi par un fort rebond de 12,5% au trimestre suivant. Parmi les États membres pour lesquels les données sont disponibles, le Portugal (-3,3%) a enregistré la baisse la plus importante sur la période.

L’Allemagne, première économie européenne, plombe elle aussi la croissance de la zone euro avec une chute de son PIB de 1,7%, en raison notamment de la consommation des ménages, tout comme l’Espagne (-0,5%) et l’Italie (-0,4%).

Plans de relance

La France, portée par sa demande intérieure et qui avait imposé fin 2020 un verrouillage sanitaire plus strict que les autres pays, fait figure d’exception avec une croissance positive (+0,4%). L’économie de la zone euro «est toujours 5,5% en dessous de son pic d’avant la crise, ce qui la laisse loin derrière les États-Unis où le PIB a presque retrouvé ce niveau», remarque Andrew Kenningham, analyste chez Capital Economics.

Tirés par les plans de relance gouvernementaux et la vaccination, les Etats-Unis ont commencé à se relever de la crise. Ils ont affiché au premier trimestre leur plus forte croissance trimestrielle depuis 2003, à l’exception du bond exceptionnel enregistré au deuxième trimestre 2020. Dans le même temps, la Chine a enregistré de janvier à mars une hausse record de son PIB de 18,3% (sur un an).

A la traîne de ces deux puissances, l’UE peine toujours à vacciner rapidement sa population, mais aussi à avancer sur le plan de relance de l’économie, financé par un emprunt commun, décidé à l’été 2020. Les capitales ont certes commencé à soumettre cette semaine leurs projets nationaux à la Commission européenne, mais ils ne devraient commencer à bénéficier des premiers fonds que cet été.

Rebond attendu

La situation européenne devrait cependant commencer à «s’améliorer vers la fin du deuxième trimestre, car le programme de vaccination permettra aux gouvernements de lever les restrictions», prévoit l’expert de Capital Economics. Même optimisme chez Bert Colijn d’ING, pour qui il est «évident que le PIB repartira à la hausse au deuxième trimestre».

Il voit dans le recul à 8,1% du chômage en mars un signe positif et note que «de petits assouplissements des restrictions ont eu des effets assez forts sur la consommation, ce qui signifie que les consommateurs semblent désireux de dépenser. Le secteur manufacturier est en plein essor et n’est pour l’instant freiné que par des contraintes d’approvisionnement», remarque-t-il également, jugeant la zone euro «prête pour le début du rebond».

Dans ce contexte, le taux d’inflation annuel de la zone euro, dévoilé vendredi par Eurostat, s’est rapproché en avril de l’objectif de 2% de la Banque centrale européenne (BCE), s’affichant à 1,6%. L’inflation continue ainsi sa remontée après cinq mois en terrain négatif fin 2020, portée par les prix de l’énergie. Mais l’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac, qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils) a, elle, reculé pour s’afficher à 0,8% en avril, contre 0,9% en mars.

(AFP)

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