14.10.2020 à 21:28

AstronomieL’Europe met le paquet sur les missions lunaires et martiennes

L’Agence spatiale européenne va investir des milliards pour des missions sur le satellite de la Terre et sur la planète rouge.

Artemis comprend aussi une station spatiale orbitant autour de la Lune.

Artemis comprend aussi une station spatiale orbitant autour de la Lune.

AFP

Module de service pour la future station spatiale lunaire, conception d’un atterrisseur sur la Lune, sonde chargée de rapporter les premiers échantillons martiens sur Terre, l’Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé mercredi l’octroi de nombreux contrats à des industriels européens.

L’Europe de l’espace apporte un écot de 1,2 milliard d’euros, auquel s’ajoutera encore 1,4 milliard d’ici à la fin de l’année, au programme lunaire américain Artemis et à la campagne de retour d’échantillons de sol martien (Mars Sample Return, MSR).

Artemis a pour objectif principal de poser, avec le véhicule spatial américain Orion, des astronautes sur le satellite de la Terre en 2024. L’ESA a attribué à Airbus la construction du troisième module de service de ce véhicule, a-t-elle annoncé dans un communiqué en marge du 71e Congrès astronautique international, qui se tient virtuellement.

Le directeur de la NASA, Jim Bridenstine, a salué lors du congrès la participation de l’ESA au programme Artemis comme celle «non seulement d’un partenaire essentiel, mais d’un facilitateur déterminant».

Airbus se voit également attribuer le développement d’un projet d’atterrisseur lunaire, EL3. Lancé par Ariane 6, il sera chargé de transporter «jusqu’à 1,7 tonne de fret vers n’importe quel endroit de la surface lunaire», selon Airbus. Trois à cinq missions sont prévues par l’ESA, à partir de la fin des années 2020.

Artemis comprend aussi une station spatiale orbitant autour de la lune, la «Lunar Gateway», dont l’assemblage doit commencer en 2023. Elle servira, pour au moins quinze ans, de laboratoire et de point d’étape pour les astronautes en route vers la Lune.

Plus petite que la Station spatiale internationale (ISS), elle n’a pas vocation à être occupée de façon permanente, mais pourra accueillir jusqu’à 4 astronautes.

Boudé par la Russie, le projet est un partenariat entre Américains, Européens, Canadiens et Japonais.

Thales Alenia Space (TAS), spécialisé dans les modules spatiaux pressurisés, a été chargé de développer le module d’habitation I-HAB de la station.

La première tranche du contrat signé par l’ESA pour ce module s’élève à 36 millions d’euros pour un montant global de 327 millions, a précisé la coentreprise franco-italienne, dans un communiqué.

TAS est également chargé de la conception du module Esprit de communication et de ravitaillement de la «Lunar Gateway». Le contrat, qui doit être formellement notifié prochainement, s’élève à 295 millions d’euros.

La société fournira enfin, pour l’Américain Northrop Grumman, la structure du module logistique et d’habitation Halo, l’un des premiers de la station.

Ces modules vont permettre d’emmagasiner une riche expérience pour «de futures missions humaines dans l’espace lointain et sur Mars», selon Massimo Claudio Comparini, un responsable de TAS.

Notamment parce que la station sera soumise à des rayonnements cosmiques, nocifs pour les astronautes, plus forts que ceux de la Station spatiale internationale orbitant la Terre.

L’italien Leonardo est pour sa part chargé du laboratoire miniature embarqué à bord de l’atterrisseur lunaire russe Luna-27, selon l’ESA.

Pour la planète rouge, l’exploration sera marquée par la mission internationale de retour d’échantillons de Mars (MSR). Le patron de l’ESA, Jan Woerner, a remarqué lors du Congrès mercredi que «la coopération (internationale) est au cœur du programme MSR».

Une aventure d’une complexité extrême, entamée avec le décollage fin juillet du robot américain Perseverance, qui collectera et déposera sur place des échantillons du sol dans de petits tubes.

Ces derniers seront ramassés par le «Sample Fetch Rover» (SFR), que l’ESA a chargé Airbus de développer. Déposé sur Mars par un module de la NASA, le SRL, il lui rapportera les échantillons, qui seront placés dans un petit container, l’OS, qu’une minifusée enverra en orbite autour de la planète.

C’est à Airbus que l’ESA a confié le contrat, d’une valeur de 491 millions d’euros, pour la sonde ERO (Earth Return Orbiter), qui devra capturer le container OS, une sphère de la taille d’un ballon de basket. Elle assurera les communications avec Perseverance, le SFR et le SRL, avant de repartir vers la Terre avec sa précieuse cargaison, dans l’espoir de trouver des traces d’une vie microbienne. Arrivée prévue en 2031.

(AFP)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
0 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé