NHL: Leurs valises sont déjà prêtes

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NHLLeurs valises sont déjà prêtes

Les négociations pour mettre un terme à la grève en NHL ont repris mardi. En Suisse, les joueurs exilés attendent. Qu'en disent-ils?

par
Oliver Dufour
Pigiste de luxe à Berne, Mark Streit souhaite que le gel de la NHL se termine au plus vite, pour que les 600 joueurs sans emploi retrouvent la compétition.

Pigiste de luxe à Berne, Mark Streit souhaite que le gel de la NHL se termine au plus vite, pour que les 600 joueurs sans emploi retrouvent la compétition.

Reprendra, reprendra pas? La question taraude tout supporter de hockey nord-américain. Mardi, le lock-out vivait son 52e jour, soit un total de 326 matches manqués depuis le début de saison prévu à l'origine le 11 octobre. Le Winter Classic, qui devait opposer Detroit à Toronto en janvier, a aussi été supprimé du calendrier. Si le match venait quand même à être disputé, il le serait dans la patinoire des Red Wings plutôt que dans le University of Michigan Stadium (plus de 100'000 places assises).

La division équitable des bénéfices entre propriétaires et joueurs n'avait pas abouti à la fin du mois dernier. Depuis, les échanges se sont améliorés. Pour quel résultat? Mark Streit (New York Islanders, pigiste au CP Berne), Logan Couture (San Jose Sharks, Genève-Servette), Yannick Weber (Canadien de Montréal, Genève-Servette), Patrice Bergeron (Boston Bruins, HC Lugano) et John Tavares (New York Islanders, CP Berne) livrent leur avis.

Yannick Weber: «De longs échanges»

«J'essaie régulièrement de savoir ce qui se passe là-bas (ndlr: dans les négociations en Amérique du Nord). Jusqu'à maintenant, le dialogue n'a pas beaucoup avancé, mais il faut réaliser que c'est un processus très long. Il y a beaucoup à discuter. Je me réveille certains jours avec un très bon sentiment et je me dis qu'on va arriver à se mettre tous d'accord. Et parfois c'est tout le contraire: je suis persuadé qu'on va manquer toute la saison. Bien sûr, j'ai envie de rejouer à Montréal, mais en ce moment je me concentre sur Genève. Peu importe l'équipe qui m'emploie, je veux gagner avec elle.»

John Tavares: «Pas ici pour attendre»

«Pour l'instant, je m'efforce de concentrer mon énergie sur Berne. Je veux être un bon joueur en Suisse aussi. Je ne suis pas venu chez vous pour attendre de repartir. Bien sûr, je pourrais m'en aller à n'importe quel moment et j'espère que la NHL reprendra le plus vite possible. Mais j'aborde les événements au jour le jour, en essayant d'avoir l'esprit ouvert. Il est difficile d'anticiper ce qui va se produire. Il y a encore tellement de points à discuter, de choses à améliorer. Alors on verra bien. Le tout est pour moi de rester focalisé sur ce que j'ai à faire en tant que joueur.»

Mark Streit: «C'est une vraie tragédie»

«Je suis tiraillé entre deux situations. D'un côté j'aimerais pouvoir me concentrer un peu sur mon travail ici, à Berne, mais d'un autre je dois aussi me tenir informé de la progression des négociations. C'est dur de faire des prédictions. Ça peut être réglé dans deux semaines, deux mois ou pas du tout. Je suis un gars positif et je pense que tôt ou tard ça va se débloquer. Mais ça reste quand même une tragédie pour le hockey. D'accord, certains évoluent ailleurs, mais il y a quand même 600 types qui restent à la maison sans pouvoir jouer.»

Logan Couture: «Ils se moquent des contrats»

«Dans la version «fifty-fifty», les gens avec qui nous sommes en négociations refusaient d'honorer les contrats qui ont déjà été signés. Ils voulaient les changer. Je crois que ça représentait une coupe salariale de 17%. Alors qu'ils devraient les payer selon la répartition actuelle (ndlr: 57 % en faveur des joueurs). Mais ce sont eux qui se sont précipités pour les signer avant la fin de la dernière convention. Pour ma part, j'espère qu'on trouvera un arrangement. Après tout, nous sommes des hockeyeurs et nous avons toujours envie de jouer. Quoiqu'il arrive, chacun de nous aura son mot à dire.»

Patrice Bergeron: «Gain record»

«En surface, la répartition «50-50» des gains, proposée par la ligue, ça avait l'air bien beau. Mais il faut aussi savoir lire les petits caractères. La NHL et les propriétaires d'équipe voulaient se permettre d'aller récupérer de l'argent des joueurs des années plus tard. Lorsqu'on profite de sept années de revenus records dans la ligue, il faut m'expliquer pourquoi on a besoin de venir puiser davantage de bénéfices sur notre dos. Ce n'est pas à nous (ndlr: les joueurs) de régler les problèmes de management. Mais je suis positif de nature. Je suis persuadé que nous pouvons trouver un deal équi­table.»

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