Suisse-UE: Leuthard songe à contre-attaquer sur l'électricité
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Suisse-UELeuthard songe à contre-attaquer sur l'électricité

La conseillère fédérale étudie la possibilité d'exclure les compagnies électriques européennes du marché suisse, après le blocage de l'accord avec Bruxelles, a-t-on appris jeudi.

Les compagnies électriques de l'Union européenne (UE) pourraient ne pas avoir accès au marché suisse de l'électricité libéralisé. Doris Leuthard défend le principe «donnant-donnant» pour les autorisations accordées aux fournisseurs européens.

«Si les négociations sur l'accord sur l'électricité continuent de piétiner, nous allons examiner si nous allons autoriser les vendeurs d'électricité européens à profiter du marché suisse», explique la conseillère fédérale dans une interview, publiée jeudi dans la «Handelszeitung».

Le projet de libéralisation du marché de l'électricité est bien avancé en Suisse. Il doit encore être soumis au Parlement et à un éventuel référendum populaire. Contrairement à la situation actuelle, où seuls les gros clients peuvent en profiter, il sera ouvert à tous.

Pas de baisse des prix

Doris Leuthard espère soumettre un projet pour la deuxième étape de l'ouverture du marché cette année encore. Les consommateurs ne doivent toutefois pas trop compter sur des baisses du prix de l'électricité avec la libéralisation, estime-t-elle. Mais ils pourront avoir le choix entre plusieurs fournisseurs, selon la Ministre des transports. Les différences régionales de prix devraient toutefois s'atténuer. «Des comparaisons seront possibles grâce à la concurrence», précise-t-elle. Un Bernois pourra faire des économies s'il s'adresse à un fournisseur zurichois. Les prix sont plutôt élevés dans l'ouest de la Suisse.

Balle dans le camp de Bruxelles

L'UE a suspendu les négociations sur l'accord sur l'électricité en février, après l'acceptation de l'initiative anti-immigration de l'UDC par les Suisses. «Une conclusion (ndlr: de l'accord) ne sera pas possible cette année», ajoute la conseillère fédérale.

Pour Doris Leuthard, la clé est dans les mains du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso: «Il doit débloquer la situation.» L'Allemagne est, par exemple, en faveur de la conclusion rapide d'un accord. Le problème est toutefois encore compliqué par le fait que le mandat de l'actuelle Commission s'achève à la fin octobre. (ats)

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