Affaire Crypto: L’ex-chef des services secrets sous enquête

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Affaire CryptoL’ex-chef des services secrets sous enquête

L’actuel secrétaire général du Département des affaires étrangères se retrouve sous le coup d’une procédure pénale pour violation présumée du secret de fonction.

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Le rapport confidentiel de la Délégation des Commissions de gestion (DélCdG) sur l’affaire Crypto ayant été rendu public, une plainte pénale a été déposée pour violation présumée du secret de fonction.

Le rapport confidentiel de la Délégation des Commissions de gestion (DélCdG) sur l’affaire Crypto ayant été rendu public, une plainte pénale a été déposée pour violation présumée du secret de fonction.

AFP

L’enquête pénale menée à la suite de l’affaire Crypto (lire encadré) ne cesse de s’étendre. Des recherches montrent que Markus Seiler, secrétaire général du Département des affaires étrangères (DFAE) et donc bras droit d’Ignazio Cassis, ainsi qu’un autre cadre du DFAE sont dans le collimateur de l’enquêteur spécial Peter Marti. C’est ce que révèlent des recherches du «Tages-Anzeiger».

Accusations rejetées

Peter Marti leur reproche d’avoir violé le secret de fonction. Concrètement, ils auraient transmis à des journalistes, en 2020, des informations tirées d’un rapport d’enquête sur l’affaire Crypto, rédigé par la Délégation des Commissions de gestion composée du Conseil national et du Conseil des États. Markus Seiler, chef du Service de renseignement suisse jusqu’en 2017, rejette entièrement les accusations de Peter Marti.

Le DFAE confirme

Interrogé à ce sujet, le Département fédéral des affaires étrangères a confirmé qu’une procédure pour violation du secret de fonction était en cours contre deux de ses collaborateurs, tout en soulignant «que les deux personnes tiennent à préciser qu’elles n’ont pas commis de violation du secret de fonction».

L’affaire Crypto, c’est quoi?

L’affaire Crypto a été révélée mi-février 2020, suite aux recherches d’un pool de médias internationaux. La CIA et les services de renseignement allemands (BND) auraient écouté, grâce à des appareils de chiffrement de Crypto AG dotés de systèmes «vulnérables», les conversations de plus de 100 États étrangers.

Les deux services de renseignement ont acheté l’entreprise zougoise à parts égales en 1970, en passant par une fondation du Liechtenstein. Le BND a quitté l’opération en 1993. Mais les États-Unis ont prolongé les écoutes jusqu’en 2018 au moins.

L’enquête parlementaire menée à la suite de la révélation de l’affaire a montré que le Service de renseignement stratégique, l’organisation qui a précédé le Service de renseignement de la Confédération (SRC), savait depuis 1993 que des services de renseignement étrangers se cachaient derrière Crypto. Les renseignements helvétiques ont alors collaboré avec eux pour collecter des informations sur l’étranger par le biais de cette entreprise basée en Suisse.

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