AIN (F) - L’ex-escort-girl condamnée à dix ans de prison pour meurtre
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AIN (F)L’ex-escort-girl condamnée à dix ans de prison pour meurtre

La Cour d’assises n’a pas tenu compte de la légitime défense invoquée par la jeune femme qui était jugée depuis lundi. Elle écope de dix ans de réclusion.

par
Richard Schittly
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La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

La prévenue habitait le village de Flies, dans la commune de Saint-Genis-Pouilly (Ain), qui jouxte Genève.

20 minutes / jef
Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

Elle résidait depuis août 2016 au premier étage de ce lotissement. Sa porte d'entrée se situe en haut des escaliers.

20 minutes/ jef
Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.
Les scellés ont été posés sur la porte d'entrée de la prévenue, interpellée le 6 octobre.

20 minutes / jef

Légitime défense ou pulsion meurtrière? Les deux versions se sont affrontées jusqu’au bout du procès d’Anaëlle P, 26 ans, face à la cour d’assises de l’Ain. Tard dans la nuit de mercredi, le jury a finalement condamné l’ex-escort-girl à dix ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’un client, tué de quatre coups de couteau, à son domicile de Saint-Genis-Pouilly, en août 2017. Écartant la légitime défense, tout en diminuant les 17 ans requis par l’accusation, le jury semble avoir considéré que ses conditions de prostitution devaient constituer une circonstance atténuante.

«Vous êtes comme votre frère, et comme moi, une victime. J’ai tout perdu dans cette histoire. Je suis désolée d’avoir dû vous raconter ce qui s’est passé» a déclaré la jeune femme, juste avant le délibéré, en s’adressant à la sœur de l’ingénieur lyonnais. Anaëlle P a détaillé les assauts subis avec un sex-toy, à l’occasion d’un jeu sadomasochiste. «J’ai senti que j’allais mourir. J’ai mis un coup, il est tombé par terre et j’ai fermé la porte, c’est allé super vite» a raconté l’ancienne serveuse, employée dans plusieurs restaurants de la région frontalière.

«Comment dire qu’elle a été violée et faire l’amour trois jours après ?» a questionné l’avocat général, mettant en doute sa version. Selon l’accusation, la jeune femme a été prise d’une «pulsion meurtrière», puis a «froidement» cherché à dissimuler le crime, en allant jusqu’en Italie pour brûler le corps de la victime. «On ne peut pas lui faire payer ce qui s’est passé après de manière infinie. Elle a été violée, elle s’est défendue légitimement» a plaidé en défense Me Jean-Félix Luciani, dénonçant «la marchandisation des rapports humains.»

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