France – L’ex-otage Sophie Pétronin est de retour au Mali un an après sa libération

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FranceL’ex-otage Sophie Pétronin est de retour au Mali un an après sa libération

Le gouvernement français, qui avait fait relâcher la septuagénaire en octobre 2020 en échange de 200 jihadistes détenus en France, a qualifié mercredi son retour en Afrique d’«irresponsable».

Sophie Pétronin, âgée aujourd’hui de 76 ans, avait été kidnappée par des jihadistes en 2016. Ce n’est que quatre ans plus tard qu’elle a été libérée grâce à l’intervention du gouvernement français.

Sophie Pétronin, âgée aujourd’hui de 76 ans, avait été kidnappée par des jihadistes en 2016. Ce n’est que quatre ans plus tard qu’elle a été libérée grâce à l’intervention du gouvernement français.

AFP PHOTO/liberons-sophie

Paris a vivement critiqué mercredi l’initiative «irresponsable» de l’ex-otage française Sophie Pétronin. Le retour de cette dernière au Mali, où elle avait été captive durant quatre ans, un an après sa libération, provoque l’indignation d’une partie de la classe politique française.

«Nous déplorons le retour de Sophie Pétronin au Mali», a réagi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, en confirmant ce retour, annoncé depuis la veille par plusieurs médias français. Le secrétaire d’État a dénoncé une «forme d’irresponsabilité» vis-à-vis de «sa sécurité» mais aussi vis-à-vis «de la sécurité de nos militaires».

Le gouvernement réclame du «respect pour nos soldats»

«Lorsque nous avons des ressortissants qui sont pris en otage à l’étranger, ce sont nos militaires qui vont les secourir au péril de leur vie. Nous avons des soldats qui ont été tués dans le cadre d’opérations pour aller secourir des otages qui avaient été faits prisonniers dans des pays étrangers», a souligné Gabriel Attal, qui a demandé du «respect pour nos soldats».

«On suit cette situation et le Quai d’Orsay suit cette situation de très près», a ajouté le porte-parole, sans donner de précisions sur la situation de Sophie Pétronin.

La septuagénaire avait été enlevée en décembre 2016 à Gao, au Mali. En octobre 2020, sans véritable consultation avec Paris, le nouveau régime malien avait décidé de libérer plusieurs dizaines de prisonniers arrêtés pendant des opérations antijihadistes, contre quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin. Elle avait été accueillie à sa descente d’avion par Emmanuel Macron. Mais Sophie Pétronin, qui a adopté une fillette au Mali, avait exprimé, sitôt libérée, son intention d’y retourner.

Recherchée «très activement» par la gendarmerie malienne

Selon le site Mediapart, l’ancienne otage, âgée de 76 ans, est retournée au Mali depuis mars dernier, après avoir vécu en Suisse, auprès de son fils, après sa libération. Elle serait entrée illégalement dans le pays, en bus depuis le Sénégal.

En fin de semaine dernière, la direction de la gendarmerie malienne avait donné instruction à toutes les unités de «rechercher très activement» Sophie Pétronin. Les gendarmes avaient reçu l’ordre de «l’appréhender et la conduire sous bonne escorte» à la direction de la gendarmerie, disait ce message interne publié sur des réseaux sociaux et authentifié auprès de services compétents.

Avant même la confirmation par Gabriel Attal de son retour au Mali, plusieurs responsables politiques de droite ont exprimé leur indignation. «Ce comportement n’est pas seulement irresponsable et ingrat, il est indécent et indigne», a dénoncé Marine Le Pen sur Twitter. «200 djihadistes ont été libérés pour sauver Mme Pétronin de sa captivité. Ces ennemis de la France ont pu reprendre les armes contre nos soldats qui exposent leur vie pour notre sécurité», a souligné la candidate RN à la présidentielle.

«C’est un sacrilège vis-à-vis de nos soldats, de la France. Nos soldats meurent au Mali, on libère leurs assassins, leurs ennemis pour la sauver et elle y repart: elle est complètement dingue! C’est complètement indécent, compte tenu des efforts de la France!» a dénoncé le président de Debout La France et candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, sur Cnews.

À gauche, le porte-parole du PS Boris Vallaud n’a pas masqué son embarras. «Je dirais à tout le moins, que ça laisse circonspect, dans une forme d’incompréhension», a-t-il commenté sur Sud Radio.

«Je suis chez moi ici»

Sophie Pétronin s’est défendue mercredi d’avoir agi de manière irresponsable en retournant au Mali, où elle a été détenue pendant près de quatre ans mais où elle dit être chez elle. «Pourquoi irresponsable? Je suis chez moi ici», a-t-elle dit au téléphone à un correspondant de l’AFP, répondant ainsi au gouvernement français.

L’ex-otage a confirmé qu’elle se trouvait au Mali et paru corroborer qu’elle vivait dans les faubourgs de la capitale Bamako. «Oui, je suis au Mali depuis un moment. Mais je ne suis pas inquiète et je ne suis pas inquiétée», a-t-elle dit, apparemment plutôt étonnée du bruit causé par son retour. «Je me porte bien. Et je suis heureuse d’être là où je suis. Je n’embête personne et personne ne m’embête.» «Je ne sais pas si je suis recherchée et pourquoi», a-t-elle ajouté. Elle a aussi insisté pour qu’on «laisse (ses) proches tranquilles». AFP

(AFP)

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