Géorgie – L’ex-président Saakachvili arrête sa grève de la faim après 50 jours
Publié

GéorgieL’ex-président Saakachvili arrête sa grève de la faim après 50 jours

L’ancien président géorgien avait été arrêté à son retour dans le pays le 1er octobre après 8 ans d’exil et avait depuis entrepris une grève de la faim.

Des milliers des partisans de Saakachvili, 53 ans, sont descendus dans la rue vendredi soir à Tbilissi, la capitale.

Des milliers des partisans de Saakachvili, 53 ans, sont descendus dans la rue vendredi soir à Tbilissi, la capitale.

AFP

L’ancien président et leader de l’opposition géorgienne, Mikheil Saakachvili, a mis fin samedi à ses 50 jours de grève de la faim en détention, après avoir été transféré dans un hôpital militaire.

L’ex-«président Saakachvili a officiellement mis fin à sa grève de la faim juste après avoir été transféré à l’hôpital militaire de Gori», à quelque 90 kilomètres à l’ouest de la capitale Tbilissi, a déclaré à l’AFP son médecin personnel, Nikoloz Kipchidzé. «Il est toujours dans un état critique et a été placé dans un service de soins intensifs», a-t-il ajouté, précisant que l’opposant recommencerait à «s’alimenter plus tard dans la journée de samedi».

L’ex-président géorgien (2004-2013) avait cessé de s’alimenter le 1er octobre pour protester contre son incarcération à son retour à Tbilissi après des années d’exil en Ukraine. Jeudi, il s’était évanoui lors d’une rencontre avec ses avocats.

Des milliers de partisans réunis à Tbilissi

Les autorités géorgiennes avaient dans un premier temps rejeté les recommandations des médecins de l’hospitaliser dans un établissement civil, avant de changer de ton vendredi et de le transférer dans la nuit dans un hôpital militaire. Des milliers des partisans de Mikheil Saakachvili, 53 ans, étaient descendus dans la rue vendredi soir à Tbilissi, la capitale, pour réclamer des garanties d’une assistance médicale adéquate pour l’ancien dirigeant de ce pays du Caucase, considéré actuellement comme le dirigeant de l’opposition.

Vendredi, le ministre de la Justice Rati Bregadzé avait accusé l’opposition d’«exploiter la santé de Saakachvili à ses fins politiques dérisoires». Le docteur Guiorgui Grigolia, qui a examiné Mikheil Saakachvili après son malaise jeudi, avait déclaré jeudi à l’AFP que sa «vie était menacée» et qu’il devait «être transféré vers une clinique civile sans délai», citant des problèmes cardiaques et neurologiques chez son patient.

Il dénonce un «emprisonnement illégal»

«Je n’accepterai jamais mon emprisonnement illégal», a déclaré vendredi soir Mikheil Saakachvili sur Facebook, ajoutant qu’il était prêt à «comparaître devant un procès équitable et à accepter tout verdict qu’il rendra». En 2018, Saakachvili avait été condamné par contumace à six ans de prison pour «abus de pouvoir», des accusations qu’il avait dit inventées de toutes pièces et politiquement motivées.

«Dès que je serai libéré, je me joindrai à vous, en tant qu’égal parmi les égaux, pour reconstruire notre pays», a écrit M. Saakachvili. Il a remercié ses compatriotes pour leur «incroyable démonstration de solidarité et d’humanité» et a appelé à une campagne «pour libérer le pays» de la domination du parti Rêve géorgien de l’oligarque Bidzina Ivanishvili. «Je crois en notre victoire comme jamais auparavant», a-t-il assuré.

L’arrestation de Saakachvili a exacerbé une crise politique consécutive aux élections législatives en 2020, remportées de justesse par le parti du Rêve géorgien au pouvoir, et que l’opposition a jugées frauduleuses.

Président pro-occidental de 2004 à 2013 et maintenant considéré comme le chef de l’opposition, Mikheil Saakachvili était retourné en Géorgie le 1er octobre après un exil de huit ans. Immédiatement arrêté, il a été emprisonné en application de sa condamnation pour «abus de pouvoir», qu’il juge purement politique. Le premier ministre Irakli Garibachvili a fait scandale en déclarant que Saakachvili «avait le droit de se suicider» et que le gouvernement avait été obligé de l’arrêter parce qu’il avait refusé de renoncer à la politique.

(AFP)

Ton opinion

0 commentaires