Le Conseil d'Etat table sur un déficit de 420 millions en 2023

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GenèveL’Exécutif table sur un déficit de 420 millions en 2023

Le Conseil d’Etat a présenté ce jeudi son projet de budget pour l’année prochaine. Il demande 488 postes au Parlement et veut geler en partie les mécanismes salariaux de la fonction publique. 

par
Jérôme Faas
Le Conseil d’Etat prévoit un large déficit pour le Canton en 2023.

Le Conseil d’Etat prévoit un large déficit pour le Canton en 2023.

TDG

«Inacceptable» pour la droite. «Inacceptable» pour le Cartel intersyndical de la fonction publique. «Responsable» pour la gauche, mais avec des bémols. Le projet de budget 2023, présenté ce jeudi par le Conseil d’Etat et qui prévoit un déficit de 419,6 millions de francs, n’a pas transporté de joie la classe politique. «En année préélectorale, on ne va pas être étonné d’entendre les députés s’égosiller, a rétorqué par anticipation le conseiller d’Etat Mauro Poggia. Si tout le monde est mécontent, cela veut peut-être dire que l’on a fait du bon travail.»

337 postes en plus hors effets Covid et Ukraine

Sans surprise, la hausse des charges de 3,7% (354 millions) par rapport à l’exercice précédent irrite fortement la droite. Les dépenses progressent en effet bien plus fortement que les revenus, dont la hausse attendue se fixe à 1,8% (170 millions). La volonté du Conseil d’Etat de créer 488 postes fait donc grincer des dents, notamment en ce qui concerne les 337 postes «ordinaires», 151 étant moins sujets à discussion car liés au Covid, à l’accueil des réfugiés ukrainiens ou déjà financés.

Pas d’annuité, demi-indexation

A gauche, même si on salue les moyens alloués à la délivrance des prestations, ce sont les économies faites sur les mécanismes salariaux qui déplaisent. Le Conseil d’Etat a décidé de suspendre l’annuité 2023, ce qui lui permet de ne pas dépenser 59 millions, et de ne verser qu’une demi-indexation, soit une épargne de 79 millions. «C’est bien d’avoir une indexation, mais c’est bien aussi d’avoir du renfort dans les services», a justifié le conseiller d’Etat Thierry Apothéloz, jugeant que l’effort fait sur les postes de travail compensait, en termes de confort, l’effort salarial que l’exécutif souhaite imposer aux collaborateurs.

Maintien des investissements

Le Conseil d’Etat, qui a indiqué avoir adopté ce projet de budget à l’unanimité, a ainsi expliqué s’être trouvé «sur une ligne de crête», selon l’expression d’Antonio Hodgers, coincé entre les limites du frein à l’endettement et la volonté de répondre aux besoins de la population, «en forte augmentation» après trois années de crise, deux liées au Covid et la dernière relative à la guerre en Ukraine. «Ce budget permet de répondre aux besoins prioritaires et de préserver les ressources pour des investissements ambitieux.» Le gouvernement prévoit ainsi d’investir 11,2 milliards de francs sur la période 2023-2032 (720 millions en 2023), dont la moitié dédiée à la transition écologique et un milliard affecté à la transition numérique.

Si Nathalie Fontanet s’est déclarée, comme ses collègues, consciente qu’obtenir l’aval du Grand Conseil ne sera pas simple (alors que sa majorité de droite avait déjà refusé le budget 2022 qui présentait un déficit de 274 millions de francs), elle a souligné que le projet du gouvernement permettait «un retour au déficit maximum autorisé» d’ici à 2026. Et d’appeler au réalisme des députés: «Zéro déficit et zéro poste après trois ans de crise, ce n’est pas possible.»

La facture énergétique stable… pour le moment

Pour 2023, l’Etat ne craint pas l’explosion de sa facture énergétique. Serge Dal Busco a expliqué que les contrats relatifs au gaz négociés avec les SIG sont stables sur les trois prochaines années. La situation relative à l’électricité est différente. «En 2010, le canton avait quitté le système régulé, a détaillé l’élu. Le contrat en cours arrive à terme fin 2023. On est sous contrôle jusque-là.» Après, Genève sera soumis au marché.

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