Actualisé 14.03.2009 à 17:20

TibetLhassa est sous haute surveillance

Lhassa, capitale de la Région autonome du Tibet, était placée samedi sous haute surveillance un an après les émeutes meurtrières du 14 mars 2008.

Cet anniversaire sensible a été complètement passé sous silence par Pékin.

Dans la vieille ville de Lhassa, où les troubles avaient éclaté après quatre jours de manifestations pacifiques, les forces de sécurité sont partout, ont indiqué samedi des habitants joints par téléphone.

«Il y a des policiers armés qui patrouillent dans les rues, 24 heures sur 24 et tous les jours», a déclaré samedi une employée d'un hôtel du centre de la ville, qui a préféré ne pas être identifiée. «Nous devons prendre nos papiers d'identité et notre permis de résidence si nous voulons sortir», a-t-elle ajouté.

La plupart des restaurants et des bars doivent fermer avant 23H00, a témoigné un employé d'un autre hôtel du centre de Lhassa, qui comme l'ensemble du Tibet est fermé à la presse étrangère.

Loi martiale de facto

Stephanie Brigden, directrice de l'association Free Tibet, basée à Londres, a dénoncé l'instauration d'une «loi martiale de facto» à Lhassa et dans les régions environnantes.

La semaine avait débuté par un autre anniversaire sensible, celui du 10 mars, marquant le 50e anniversaire d'une révolte tibétaine réprimée par la Chine, au cours de laquelle le dalaï lama avait pris la fuite en Inde.

Pour Pékin, les émeutiers de Lhassa en 2008 ont tué 18 civils et un policier. Cette version est contestée par les exilés, pour qui 203 Tibétains ont trouvé la mort à Lhassa et lors de la répression des troubles qui s'étaient propagés dans les régions à population tibétaine environnantes.

Depuis son appartement de Pékin, l'écrivaine tibétaine Woeser a publié sur son blog des photos d'il y a un an, «qui n'ont pas été vues dans les médias officiels chinois» et montrent la répression.

«Ils peuvent faire ce qu'ils veulent pour cacher la vérité, elle est dans notre coeur, nos mots et nos souvenirs», a expliqué celle qui est l'une des voix les plus critiques de la présence chinoise au Tibet. «Une enquête indépendante permettrait de savoir ce qui s'est passé à Lhassa», a dit pour sa part Stephanie Brigden.

Médias censurés

Aucun média officiel n'est revenu samedi sur ce premier anniversaire, la télévision CCTV évoquant, dans son journal du soir, les investissements réalisés pour Lhassa et les régions tibétaines.

Seule note guerrière, samedi dans le Quotidien du Tibet, le numéro un du Parti communiste au Tibet Zhang Qingli, a appelé les militaires à «mettre en déroute une fois pour toute les complots de la clique du dalaï lama pour diviser la patrie et provoquer des désordres au Tibet».

Vendredi, le Premier ministre Wen Jiabao a rejeté l'idée que les émeutes de l'année dernière soient le reflet de l'échec de la politique de Pékin. «C'est justement le contraire, la stabilité et les progrès continus du Tibet montrent la justesse de nos politiques», a-t-il dit.

Mardi, le dalaï lama avait accusé Pékin d'avoir fait du «Toit du monde» un «enfer». (ats)

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