Coronavirus: L’homme fort du Kazakhstan est affaibli
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CoronavirusL’homme fort du Kazakhstan est affaibli

Noursoultan Nazarbaïev, qui a récemment cédé la présidence du Kazahkstan à un fidèle mais conserve toute son influence, a contracté le Covid-19.

par
ATS
Noursoultan Nazarbaïev, ici en 2017, fêtera ses 80 ans le mois prochain.

Noursoultan Nazarbaïev, ici en 2017, fêtera ses 80 ans le mois prochain.

AFP

Le dirigeant du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, qui a récemment cédé la présidence à un fidèle mais conserve toute son influence, a été contaminé par le coronavirus, a annoncé jeudi son site officiel.

«Malheureusement, le dernier dépistage du coronavirus chez Elbassy (Chef de la Nation en kazakh, ndlr) était positif, mais il n'y a pas de motif d'inquiétude», selon son site.

Nazarbaïev qui fête le mois prochain ses 80 ans a cédé l'an passé la présidence à Kassym-Jomart Tokaïev, mais il a conservé influence et prérogatives avec son statut constitutionnel de «Chef de la Nation», de président du parti au pouvoir Nour-Otan et du Conseil de sécurité nationale.

Le Kazakhstan, pays d'Asie centrale, était déjà dirigé en 1989 par Nazarbaïev à l'époque de l'Union soviétique. Il en a conservé la tête à la chute de l'URSS en 1991.

Culte de la personnalité

Il n'a ensuite cédé la présidence que l'année dernière, à la surprise générale. Mais ce départ était plus formel que réel, tant il a conservé des pouvoirs.

Un culte de sa personnalité a aussi été instauré, dont le dernier exemple en date a été le changement de nom de la capitale kazakhe d'Astana en Nur-Sultan, son prénom, juste après son départ de la présidence. Nombre d'institutions portent aussi son nom.

Le Kazakhstan, pays riche en hydrocarbures et en minerais de 18 millions d'habitants, est sans cesse accusé par les ONG de contrer toute forme d'expression libre, qu'il s'agisse des droits de l'opposition, de la presse ou de la liberté de rassemblements.

Les manifestations de l'opposition sont régulièrement réprimées, et nombre de détracteurs de Nazarbaïev ont été ces trente dernières années emprisonnés ou exilés.

Plusieurs critiques du système politique kazakh ont aussi été assassinés ou sont morts dans des suicides aux circonstances troubles.

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