02.08.2020 à 09:41

Valais

L’honneur de Philippe Nantermod a été lavé

Le conseiller national valaisan n’a pas apprécié d’être qualifié de corrompu sur les réseaux sociaux. Ce mot a coûté 1325 francs au militant Vert qui l’avait utilisé dans un tweet.

de
Christian Humbert
C’est la deuxième fois que l’élu PLR dépose une plainte pour diffamation.

C’est la deuxième fois que l’élu PLR dépose une plainte pour diffamation.

KEYSTONE

Le sujet est encore sensible: Philippe Nantermod veut bien être bousculé lors d’un débat ou que l’on s’en prenne à ses idées. Mais pas question cependant d’être traité de corrompu. «Je fais de la politique par conviction, pas pour amasser de l’argent. Je ne dis pas que la corruption n’existe pas. Mais moi, je n’ai jamais touché un franc. Je me suis retiré dès qu’il est apparu que des séances de consultation dans le cadre d’un groupe d’assurances étaient rémunérées. Ce n’est pas faire preuve d’hypersensibilité que de réagir à des attaques contre mon honneur.»

Lors d’un débat à la RTS en septembre 2018, il était en effet apparu que Philippe Nantermod devait siéger dans un groupe de réflexion du Groupe Mutuel aux côtés d’autres élus, rétribués 10’000 francs par an pour 5 à 6 séances. Le conseiller national y a finalement renoncé.

Le Valaisan de 36 ans était déjà lassé des tweets d’un militant Vert vaudois. Mais celui du 13 octobre dernier a fait sortir de ses gonds l’avocat: «De la part d’un corrompu qui touche de l’argent des caisses maladie et devrait commencer par la transparence de ses comptes de campagne. On en reparle.»

Diffamation reconnue

«Je lui ai demandé de retirer ce tweet», explique le vice-président du Parti libéral-radical suisse. Face à son refus, et pour la deuxième fois de sa carrière, Philippe Nantermod a déposé une plainte pour diffamation. Le prévenu a expliqué avoir réagi aux positions politiques de l’élu qui allaient «à l’encontre des défenseurs de l’environnement et en faveur des caisses maladie». Le militant dit avoir usé du terme de corrompu sur un plan général, «dans la mesure où l’on touche de l’argent des assurances pour défendre leur intérêt».

Pour le procureur, ce n’est pas l’élu qui a été attaqué, mais l’homme. «Le traiter de corrompu est une diffamation, à tout du moins une injure», a conclu le magistrat, en condamnant le quadragénaire à 45 jours-amende avec sursis. Ce à quoi se sont ajoutés une amende de 500 francs et 825 francs de frais. Cela qui met le mot de trop à 1325 francs.

Elle partage avec ses pairs les insultes qu’elle reçoit

Subissant un torrent d’insultes sur les réseaux sociaux, et généralement de manière anonyme, la conseillère nationale socialiste Ada Marra a impressionné les Chambres en lisant quelques injures qui lui étaient adressées. À Swissinfo, elle a déclaré n’avoir jamais déposé une plainte, tout en précisant qu’elle aurait dû le faire.

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