20.11.2020 à 20:16

CamerounL’IA promet de mener la vie dure aux braconniers

L’analyse automatisée d’enregistrements de coups de feu pourrait rendre plus efficace le combat pour la préservation des espèces menacées dans le monde.

La population d’éléphants a été décimée par le braconnage et le trafic d’ivoire.
éléphant ivoire

La population d’éléphants a été décimée par le braconnage et le trafic d’ivoire.

Photo by Nam Anh on Unsplash

La Société zoologique de Londres (ZSL) dispose d’un nouvel instrument dans la lutte contre le braconnage d’espèces protégées. Dans la réserve de faune du Dja au Cameroun, elle a placé des capteurs acoustiques capables d’enregistrer en continu des événements jusqu’à 1 km. S’appuyant sur les techniques d’intelligence artificielle (IA) de Google, le dispositif permet de filtrer automatiquement les coups de feu et d’alerter ainsi les patrouilles antibraconniers. Les incidents peuvent être épinglés sur une carte de la réserve pour aider à localiser les zones prisées par les braconniers.

Il s’agit de planifier les zones de déploiement des patrouilles à l’heure de la journée où vous vous attendez le plus à une activité illégale

Anthony Dancer, directeur de la technologie au sein de la Société zoologique de Londres.

À ce jour, les défenseurs de la faune s’appuyaient sur des pièges photographiques pour suivre les braconniers. Les pièges sont activés en cas de mouvements et limités à une faible distance. Les capteurs acoustiques ont eux non seulement l’avantage de détecter des incidents plus loin à la ronde, et dans un rayon de 360 degrés, mais ils coûtent également moins cher. À quelque 70 fr. le capteur, cela reste néanmoins un investissement pour la société zoologique, qui doit procéder à des récoltes de fonds.

Anthony Dancer, directeur de la technologie pour la ZSL, espère que ce repérage sonore des coups de feu ne sera qu’une première étape. Il envisage de pouvoir identifier directement les voix des braconniers. Les capteurs pourraient également servir à observer comment se porte la faune.

La technologie de reconnaissance sonore de coups de feu a déjà été utilisée par des polices américaines. Mais sa fiabilité n’est pas encore suffisamment établie. «L’une des choses les plus difficiles dans l’identification des coups de feu est que le son rebondit sur les surfaces, a relevé sur la BBC le professer Mark Plumbley, de l’Université anglaise de Surrey. Dans les villes, il s’agit généralement de bâtiments, de voitures ou de personnes. La technologie peut donc être inexacte.» Il estime que les grandes surfaces désertiques et peu polluées sont propices à cette technologie, mais qu’il y a toujours de la végétation ou d’autres éléments qui peuvent venir la perturber.

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