Liban: Michel Sleimane se met au travail
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Liban: Michel Sleimane se met au travail

Vingt-et-un coups de canon, une fanfare militaire et une garde d'honneur: Le nouveau président libanais Michel Sleimane, élu la veille, est arrivé lundi au palais présidentiel de Baabda.

Il s'est mis immédiatement au travail.

Le Pays du Cèdre était sans président depuis la fin du mandat du pro-syrien Emile Lahoud, le 23 novembre. Après des mois de blocage politique, Michel Sleimane, chef des armées et candidat de compromis, a été élu à l'issue de l'accord de partage du pouvoir et de réconciliation entre pro et anti-syriens, paraphé à Doha (Qatar).

Le président a convoqué pour mercredi des consultations avec les députés pour s'attaquer à la tâche de constituer un nouveau gouvernement d'union nationale, a annoncé un responsable des services présidentiels sous couvert de l'anonymat.

Un peu plus tôt, Michel Sleimane avait salué à l'aéroport de Beyrouth l'émir du Qatar cheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, dont la médiation cruciale a permis la semaine dernière de décrocher l'accord de partage du pouvoir entre les camps libanais rivaux.

Lundi, le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki s'est à son tour félicité de cet accord favorable à son allié le Hezbollah, jugeant que «la mise en oeuvre de l'accord garantit le calme et la stabilité dans la région». Et d'affirmer une nouvelle fois que le rôle de Téhéran au Liban était «transparent», alors qu'en revanche les Etats-Unis eux pratiquaient l'ingérence: la position de Washington a été «grandement affaiblie» par l'accord de Doha, a-t-il estimé.

En Syrie, le président Bachar el-Assad a pour sa part abordé le dossier libanais avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa et le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad bin Jassem bin Jabr al-Thana, a rapporté l'agence officielle SANA.

Pour Amr Moussa, l'accord interlibanais fournit l'occasion «idéale» de ressouder les relations entre pays de la région. Il a salué le rôle «important et décisif» de Damas.

La tâche qui attend le président libanais dans ses premiers jours est considérable: il lui revient de mettre sur pied le nouveau gouvernement dans lequel le Hezbollah et ses alliés disposeront d'un droit de veto. Toujours en vertu de l'accord de Doha, 16 portefeuilles iront à la majorité, 11 à l'opposition, et trois relèveront du choix du président, le tout en respectant l'équilibre confessionnel constitutif du système politique libanais.

Bien que le gouvernement du Premier ministre sortant Fouad Siniora soit considéré comme dissous, le nouveau président lui a demandé d'assurer la gestion des affaires courantes jusqu'à la constitution de la nouvelle équipe.

Une fois que le nouveau Premier ministre aura été désigné par les chefs des partis, il devra présenter son équipe au président, puis revenir devant les députés pour obtenir la confiance.

Le futur chef du gouvernement devrait être choisi au sein de la majorité anti-syrienne, les noms circulant dans la presse sont ceux de Fouad Siniora et du chef de la majorité et président du Courant du Futur, Saad Hariri.

S'il ne peut qu'approuver le choix du Premier ministre, le chef de l'Etat peut en revanche bloquer la constitution du gouvernement présenté par ce dernier.

Michel Sleimane devrait également ne pas tarder à s'envoler pour une première tournée régionale, après avoir été invité en Egypte par le chef de la diplomatie du Caire, présent à la réunion du parlement qui a élu le général dimanche. (ap)

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