Actualisé 27.06.2012 à 09:04

Russie

Libération de femmes punks anti-Poutine exigée

Les membres de l'élite culturelle russe demandent la libération de trois membres de Pussy Riot, un groupe de punk féminin anti-Poutine détenues depuis mars pour avoir chanté dans une église.

Plus d'une centaine de célébrités de l'élite culturelle russe de tous bords ont signé mercredi une lettre appelant à libérer trois jeunes femmes du groupe de punk rock Pussy Riot, détenues depuis mars pour avoir chanté une chanson anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou.

«L'affaire des Pussy Riot compromet le système judiciaire russe et sape la confiance (des citoyens) dans les institutions» publiques, écrivent les auteurs de cette lettre ouverte signée par des cinéastes, écrivains, musiciens ou metteurs en scène.

«Il faut libérer Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch et clore leur affaire ou requalifier le délit en infraction administrative», estiment ces personnalités, parmi lesquelles des partisans du président Vladimir Poutine, tels les acteurs Evguéni Mironov et Tchoulpan Khamatova, ou les cinéastes Fiodor Bondartchouk et Andreï Kontchalovski.

Les punkettes accusées de vandalisme

Le placement en détention provisoire des trois femmes en mars a provoqué «une scission et une radicalisation de la société», ajoutent les signataires, dont certains n'ont jamais ouvertement pris partie pour des opposants au régime, comme le compositeur Léonid Dessiatnikov ou l'humoriste Mikhaïl Jvanetski.

La détention des trois femmes accusées de «vandalisme en bande organisée» a été prolongée jusqu'à la prochaine audience préliminaire du tribunal prévue le 24 juillet, en attendant la tenue du procès.

Une affaire qui divise

Le 21 février, cinq membres des Pussy Riot en cagoules colorées ont chanté dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou une chanson contre le Premier ministre Vladimir Poutine qui a remporté la présidentielle deux semaines après.

Cette affaire a divisé l'opinion publique en Russie, où près de 70% de la population se définit comme chrétien orthodoxe, certains estimant que la peine encourue par les femmes -- jusqu'à sept ans de prison -- est bien trop sévère.

Les Pussy Riot avaient déjà effectué des performances sur la Place Rouge, face au Kremlin, dans le métro de Moscou ou sur le toit d'un bâtiment proche d'un commissariat de police de Moscou où était détenu le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny. (afp)

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