Mauritanie: Libération du président renversé en août
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MauritanieLibération du président renversé en août

Le président mauritanien renversé le 6 août par un coup d'Etat, Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été remis en liberté dimanche et ramené à son domicile à Nouakchott.

Le président mauritanien déposé a été libéré dimanche à Nouakchott et a commencé à recevoir des visiteurs dans sa villa familiale, a constaté l'Associated Press sur place. Sidi Ould Cheikh Abdallahi était assigné à résidence depuis son renversement par la junte militaire en août dernier.

La présidence française du conseil de l'Union européenne a salué cette libération dans un communiqué, soulignant que le président Abdallahi a été «démocratiquement élu» et réaffirmant que «la solution à la crise actuelle passe par un retour à l'ordre constitutionnel».

Quatre véhicules de la police ont déposé le président déchu chez lui dans la capitale. Le haut responsable de la sécurité lui a confirmé qu'il était libéré définitivement, selon un responsable de la police ayant requis l'anonymat et qui se trouvait dans le convoi.

Au petit matin, les forces de sécurité étaient venues chercher le président Abdallahi dans son village natal de Lemden où il était assigné à résidence, d'après sa fille Amal Mint Abdallahi. Elles l'avaient emmené «de force» sans lui laisser le temps de prendre des affaires ni permettre à sa famille de le suivre, a-t-elle affirmé à l'AP. Un responsable policier ayant requis l'anonymat a alors déclaré à l'AP avoir reçu l'ordre de remettre le prisonnier en liberté à Nouakchott.

Deux heures après sa libération, M. Abdallahi est «retourné à Lemden», a déclaré à l'AP Yahya Ould Moustaph, un responsable du Front national de défense de la démocratie (FNDD), expliquant que le président «veut organiser son retour à Nouakchott selon son propre agenda».

Un haut responsable de la Ligue arabe s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a affirmé au Caire que le président Abdallahi était libéré «définitivement et sans conditions pour préparer le terrain aux discussions sur la réconciliation nationale qui doivent commencer le 27 décembre».

Les Etats-Unis et la France ont suspendu leur aide à la Mauritanie pour protester contre le coup d'Etat militaire du 6 août dernier contre M. Abdallahi, premier président démocratiquement élu, en mars 2007. Sous la pression internationale, la junte a récemment annoncé la libération du chef de l'Etat avant le 24 décembre et l'ouverture d'une concertation nationale le 27 décembre pour préparer l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle.

Pendant les quatre premiers mois après le putsch, M. Abdallahi a été consigné avec son épouse et ses enfants dans une villa de la capitale. Il a été transféré en novembre à Lemden, à quelque 240km au sud-est de Nouakchott, où il a été autorisé à sortir de chez lui en restant dans les limites du village. Trois soldats le suivaient en permanence.

Avec l'organisation d'élections démocratiques par la junte militaire au pouvoir et la victoire de Sidi Ould Abdallahi en mars 2007, la Mauritanie semblait entamer un nouveau chapitre de son histoire, émaillée de coups d'Etat depuis son indépendance de la France en 1960. Mais 15 mois après, la décision du chef de l'Etat de renvoyer ses quatre principaux généraux déclenchait un nouveau putsch dans ce pays très pauvre de trois millions d'habitants.

Le coup de force a été mené par le chef de la junte, l'ancien chef de la garde présidentielle, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a accusé le président Abdallahi de se livrer à la corruption, de se conduire en dictateur et de favoriser les islamistes. Il a promis des élections générales démocratiques. En attendant, la junte a désigné Moulaye Ould Mohamed Lagdhaf au poste de Premier ministre et chef d'un gouvernement de transition. (ats)

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