17.05.2017 à 06:50

VaudLibéré, un père incestueux passe de nouveau à l'acte

Malgré les mesures lui interdisant tout contact avec sa famille, l'homme a cédé à ses pulsions quand il a revu une de ses filles. Il a été renvoyé en cellule.

de
Christian Humbert

La décision a de quoi surprendre: après avoir passé sept mois en prison, un Suisse, violeur présumé de plusieurs de ses huit enfants, a été libéré le 15 février 2016. Mais, en octobre de la même année, il a récidivé. Placé dans un hôtel de la Broye vaudoise, l'homme était pourtant sous le coup de mesures lui interdisant tout contact avec sa famille.

Ce jour-là, deux de ses enfants lui ont rendu visite, dans des circonstances non précisées, et le garçon a laissé sa sœur seule avec leur père. «En revenant, j'ai entendu le lit grincer. (...) Une fois dans la chambre, j'ai senti une odeur de sexe. Ma sœur prenait une douche.»

Après ce nouvel assaut, la jeune femme a porté plainte et l'homme a été remis en cellule en décembre 2016. Il devrait cette fois y rester jusqu'au procès. Selon l'une des filles abusées, tout aurait commencé quand elles avaient 8 et 12 ans. Le prévenu s'en serait aussi pris à deux de ses fils et à sa femme. Le dossier évoque des masturbations que les enfants étaient contraints de prodiguer au pervers.

Toute la famille est éclatée, suivie par les services sociaux. Le comportement des enfants inquiète: masturbation en classe, agressivité, troubles du langage, hygiène douteuse.

Un procureur a ouvert une enquête pour voies de fait qualifiées, actes sexuels avec des enfants, contrainte sexuelle, viol et pornographie. Le prévenu conteste.

«Pas à la légère»

Alors que le Tribunal des mesures de contrainte prônait une prolongation de détention – renouvelable – jusqu'au 25 février 2016, l'homme était sorti de prison juste avant. «Cette libération n'a pas été prise à la légère. Le risque de récidive était limité au cadre familial, concluait l'expertise psychiatrique. Des dispositions ont donc été prises, avec le placement des enfants et un encadrement des visites», explique le procureur. «La libération a été liée à des mesures très strictes, que le prévenu n'a pas respectées.»

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