Actualisé 14.01.2008 à 10:15

Libérée, Clara Rojas retrouve la Colombie et son fils

Après presque six ans de captivité aux mains des FARC, Clara Rojas a regagné dimanche son pays, la Colombie, où elle a pu rencontrer brièvement et en privé Emmanuel, l'enfant qui lui a été enlevé dans la jungle alors qu'il n'avait que huit mois.

Clara Rojas, la grand-mère et l'oncle du petit Emmanuel ont rendu visite à l'enfant dans un centre d'accueil du nord-ouest de Bogota dimanche soir. La presse n'a pas eu accès à cette rencontre qui a duré un peu plus de deux heures.

Au cours de ces retrouvailles, Emmanuel a fait des dessins au feutre avec sa mère à ses côtés. Sur des photos publiées par l'Agence colombienne de protection de l'enfance, on peut notamment voir Clara Rojas serrer Emmanuel dans ses bras.

Les autorités colombiennes ont annoncé qu'elles espéraient que Rojas puisse avoir la garde permanente de son fils dans les jours à venir.

Plusieurs dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant l'immeuble où se trouve Emmanuel pour célébrer la liberté de Clara Rojas et lui souhaiter la bienvenue. La foule a agité des mouchoirs blancs au passage du convoi de l'ex-otage et de sa famille, au cri de «liberté, liberté». Un grand drapeau colombien a été déployé sous les applaudissements.

Vêtue d'un pantalon rose et d'une veste assortie, Clara Rojas, ancienne directrice de campagne de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, était arrivée peu avant à l'aéroport militaire CATAM de Bogota à bord d'un avion des forces aériennes colombiennes en provenance du Venezuela.

Accompagnée de membres de sa famille, l'ex-otage a été accueillie à sa descente d'avion par le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos et l'émissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo.

«Je me sens immensément émue de rentrer sur ma terre. Je viens du Venezuela, mais je me sens heureuse d'être ici, c'est une renaissance, c'est un retour à la vie», a déclaré Clara Rojas, 44 ans, portant un bouquet d'orchidées reçu en cadeau de bienvenue.

«Mon bonheur n'est pas total car beaucoup sont restés (en captivité) et nous sommes dans l'attente. Pourvu qu'ils rentrent vite», a-t-elle ajouté.

Avec la voix troublée par l'émotion, Clara Rojas a exprimé sa gratitude au président colombien Alvaro Uribe pour avoir autorisé la mission aérienne humanitaire du Venezuela et la médiation du Comité international de la Croix-Rouge.

Elle a également remercié la presse pour avoir maintenu l'intérêt autour des otages et pour leur avoir permis de garder le contact à travers les messages radiodiffusés.

Quelques heures auparavant, avant de s'envoler de Caracas, elle avait tenu à remercier le Venezuela pour sa mission humanitaire organisée par le président Hugo Chavez. «Mille fois merci, Venezuela, vous restez dans mon coeur, je vous aime infiniment», avait déclaré à la presse une Clara Rojas bouleversée, à l'aéroport de Caracas, avant de monter dans l'avion qui la ramenait chez elle.

L'ex-otage ne pensait plus qu'à une seule chose, «la joie de voir (son) enfant», conçu en captivité avec un guérillero à l'occasion d'une relation au sujet de laquelle elle s'est refusée à fournir des détails.

Si l'ancienne directrice de campagne de la franco-colombienne Ingrid Betancourt est arrivée dimanche en Colombie, sa compagne de liberté, Consuelo Gonzalez, ne devait elle regagner Bogota que lundi matin.

Libérées jeudi grâce à la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez, les deux femmes étaient, depuis, à Caracas, où elles ont retrouvé leurs familles et raconté leur calvaire.

Clara Rojas, 44 ans, n'avait plus vu son petit garçon, né le 16 avril 2004, depuis trois ans. L'enfant a été recueilli par les services sociaux colombiens. (ap)

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