Libye: Accoyer «très favorable» à la création d'une commission d'enquête
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Libye: Accoyer «très favorable» à la création d'une commission d'enquête

Paris - Devant les nombreux appels en ce sens de l'opposition, le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer se dit «très favorable» à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les négociations autour de la libération des personnels soignants bulgares.

«La France a joué un rôle actif et décisif dans la libération des infirmières et du médecin bulgares. Ce doit être un motif de fierté pour notre pays et pour l'Europe», estime-t-il dans un communiqué diffusé vendredi. Mais le président de l'Assemblée note que le Parti socialiste a réclamé «la création d'une commission d'enquête parlementaire sur de supposées négociations avec la Libye».

Pour lui, une telle commission «apportera toute la transparence sur ces questions, et répondra également au même souhait de transparence des plus hautes autorités de l'Etat».

Dans un communiqué, le Premier ministre François Fillon «se félicite» de cette position de M. Accoyer. «Cette commission permettra d'illustrer l'absence d'ambiguïté du comportement du gouvernement français, qui peut être fier d'avoir contribué sans contrepartie à la libération des infirmières bulgares», affirme le chef du gouvernement.

«Dans le même temps, le gouvernement ne saurait interdire l'aboutissement de négociations commerciales engagées depuis longtemps, dès la levée de l'embargo à l'égard de la Libye, validée au plan international», ajoute-t-il.

Le patron du PS François Hollande avait demandé vendredi matin la création d'une commission d'enquête parlementaire qui puisse «faire le clair sur ce qui est de l'ordre de l'accord commercial» et de la «négociation», après la libération des Bulgares et l'annonce de contrats d'armement avec la Libye.

«Comment peut-on admettre dans une démocratie, que Nicolas Sarkozy voudrait 'transparente', c'est son mot, que ce soit le fils (Saïf) Kadhafi qui nous annonce un contrat d'armement signé, quand le ministre des Affaires étrangères n'en sait rien et que le ministre de la Défense, lui, parle pour le moment d'une lettre d'intention?», s'est interrogé le patron du PS.

Il a demandé que, «au-delà» des auditions «des ministres qui ne savent rien, Bernard Kouchner et peut-être Hervé Morin», «qu'on entende tous les protagonistes» de l'affaire, en l'occurrence le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, qui est allé en Libye, «et même Mme (Cécilia) Sarkozy puisqu'elle a joué son rôle».

«On a des informations successives qui nous sont données au compte-gouttes, qui viennent de Libye, du gouvernement. M. Kouchner dit des choses, M. Morin ajoute d'autres choses; entre les deux M. (David) Martinon (...) dit encore d'autres choses. Bref, tout cela est assez confus, tout ça sème le trouble dans l'opinion», a renchéri le député PS André Vallini. «Concessions, contreparties, négociations: il faut y voir clair», a-t-il réclamé.

Alors que Tripoli affirme que la Libye a signé deux contrats pour l'achat de missiles et d'équipements de communication avec des entreprises françaises à hauteur de 296 millions d'euros (405 millions de dollars), le ministre français de la Défense Hervé Morin a déclaré vendredi matin que ces deux contrats ne sont «pas signés formellement» tout en confirmant l'existence d'une «lettre d'intention». Pour sa part, EADS précise qu'un contrat de missiles antichar Milan va être bientôt conclu et qu'un autre portant sur un système radio «est en voie de finalisation».

AP

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