Actualisé 21.06.2008 à 11:19

Libye: un ancien médecin-assistant à Sion lourdement condamné

Un ex-médecin-assistant à l'hôpital de Sion, de nationalité libyenne, a récemment écopé de 25 ans de prison dans son pays.

Onze autres personnes ont été condamnées lors du même procès. Amnesty International a réclamé la libération de ces «prisonniers d'opinion».

Sur les ondes de la Radio suisse romande (RSR), Pierre-François Cuénoud, médecin-chef au département de chirurgie de l'hôpital régional de Sion, a confirmé samedi qu'Idriss Boufayed avait travaillé comme médecin-assistant dans l'établissement valaisan.

Selon Amnesty International, le ressortissant libyen avait obtenu l'asile politique en Suisse en 1990. Il était rentré en septembre 2006 de son plein gré dans son pays, l'ambassade libyenne à Berne lui ayant assuré qu'il ne serait pas inquiété.

Détenu secrètement

Il a été arrêté le 5 novembre de la même année et détenu en secret jusqu'au 29 décembre, date à laquelle il a été relâché sans inculpation.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avait alors dit qu'il «suivrait le cas», sans vouloir préciser le type d'intervention que Berne envisageait. N'étant pas de nationalité suisse, M. Boufayed ne peut bénéficier de la protection consulaire.

Le ressortissant libyen était une nouvelle fois arrêté le 16 février 2007, à la veille d'une manifestation pacifique qu'il avait, avec trois compatriotes, annoncée sur internet. Le procès a été conduit devant la Cour de Sûreté de l'Etat, instituée en août 2007 pour juger les actes politiques.

Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, Idriss Boufayed a été condamné le 10 juin dernier par cette Cour, notamment pour tentative de renversement du système politique et communication avec des puissances ennemies. Onze autres personnes ont été condamnées pour les mêmes raisons, au terme d'un procès que l'ONG juge inéquitable.

Appel à une manifestation

D'après Amnesty, ces accusations «vagues» reposeraient sur l'annonce de la manifestation contre le gouvernement libyen le 17 février 2007 à Tripoli ainsi que sur une rencontre avec un diplomate américain.

L'ONG réclame la libération immédiate et sans condition de ces douze personnes. Pour ce qui est d'Idriss Boufayed, qui souffre d'un cancer du poumon, Amnesty demande qu'il soit autorisé à quitter le pays pour se faire soigner à l'étranger s'il le souhaite ou pour retourner en Suisse.

(ats)

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