24.07.2020 à 14:07

COMMERCE DE DÉTAIL

Licenciement collectif et fermeture des magasins Orsay

Détenue par le riche groupe Mulliez, cette marque est en grande difficulté. La direction a déjà averti ses employés.

de
Frédéric Nejad Toulami
Présente dans plusieurs villes romandes et alémaniques, cette enseigne semble sur le point de fermer.

Présente dans plusieurs villes romandes et alémaniques, cette enseigne semble sur le point de fermer.

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Les employés de la marque Orsay redoutent le pire depuis quelques jours. Leur direction leur a en effet déjà annoncé un probable licenciement collectif et la fermeture de tous les magasins en Suisse. Afin de respecter la loi, les dirigeants de l’entreprise ont officiellement consulté leur personnel suisse pour les informer et leur demander leur avis.

Le personnel et le syndicat UNIA, mandaté, ont émis des propositions pour éviter des licenciements. Le délai de consultation prenait fin mercredi soir et la direction leur a signifié qu’elle allait étudier à présent les idées soumises. Elle a cependant déjà refusé par écrit certaines d’entre elles et a envoyé en cette fin de semaine des affichettes collantes à placer dans les points de vente en Suisse: «Nous fermons».

«Ni professionnel, ni respectueux»

Cela augure une fin funeste immédiate qui ne reste plus qu’à annoncer officiellement, sans prendre le temps de vraiment analyser les propositions faites, aux yeux de certains. «Nous avons reçu cette annonce de fermeture par colis ce vendredi matin en boutique, sans la moindre explication, témoigne une employée romande. Ce n’est ni professionnel ni respectueux vis-à-vis du personnel. On devrait au moins avoir une planification de fermeture à l’avance.»

«20 minutes» a pu consulter des documents et échanges de courriers. Malgré des tentatives par téléphone et par courriel, il ne nous a pas été possible d’avoir des explications ou réactions d’un membre de la direction de Ditres AG à Bâle. On nous a renvoyés au siège d’Orsay en Allemagne, en vain.

Onze boutiques et 55 employés en Suisse

Cette marque d’habillement femme détient 11 enseignes en Suisse romande et alémanique (trois dans le canton de Vaud, une à Neuchâtel, ainsi qu’à Zurich, Bâle, Berne, Winterthour, Saint-Gall, Baden et Coire) et emploie environ 55 personnes. Orsay appartient au grand groupe commercial de la famille Mulliez. Si elle est représentée officiellement en Suisse par l’entité juridique Ditres AG, à Bâle, dans les faits, c’es le siège d’Orsay GmbH qui gère et décide depuis l’Allemagne.

Selon nos sources, l’Office du travail à Bâle a déjà été averti par l’entreprise du sort humain et financier probable. Et la direction a rétorqué au syndicat UNIA qui demandait un plan social digne de ce nom pour les futurs licenciés que, en raison du nombre de collaborateurs de la marque concernés en Suisse, il n’y avait aucune obligation légale d’appliquer un tel plan. De plus, dans le commerce de détail, il n’existe pas de Convention collective de travail (CCT) au niveau fédéral; quelques cantons et communes ont des CCT qui posent un cadre obligatoire à respecter (par exemple en matière de délais de congé longs).

L’entreprise avait obtenu le droit aux RHT

Mais une situation fait grincer des dents: alors que la marque Orsay connaît de grosses difficultés financières depuis au moins 2019, notamment face aux géants de la vente de détail en ligne, la société en Suisse a demandé et obtenu, selon nos informations, le chômage partiel (RHT) pour éviter de licencier ses employés durant la crise du Covid-19 et du semi-confinement. D’aucuns s’étonnent alors de cette annonce soudaine de licenciement collectif après avoir reçu de l’argent des collectivités publiques. Et des employés se disent déterminés à obtenir au moins une indemnité de départ.

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