Renens (VD): Lieu d'accueil transformé en campement de fortune
Actualisé

Renens (VD)Lieu d'accueil transformé en campement de fortune

Les 24 places de la structure d'hébergement d'urgence ne suffisent plus. Une cinquantaine de sans-abri dort dehors, à même le sol.

par
Mirko Martino

L'afflux croissant de migrants qui touche l'Europe se fait aussi sentir en Suisse romande. Le Sleep-In de Malley, qui accueille les sans-abris mais pas les requérants d'asile, est débordé. Du coup, le jardin autour de la maison s'est mué en campement sauvage depuis quelques jours. «Cette situation s'est produite contre notre gré», reconnaît l'une des responsables de la structure ouverte de 21 h à 8 h du matin.

«Je suis passé devant et j'ai été choqué», raconte un voisin. Un grillage éventré pour y accéder, une bâche pour se protéger du soleil, des déchets qui jonchent le sol: c'est là que vivent, entre effluves de marijuana et senteurs d'urine, une cinquantaine de personnes, principalement des Africains sans papier. «C'est une situation récente et problématique», relève Michel Cornut, chef du service social de Lausanne, pour qui il y a eu perte de maîtrise de la situation. Et de préciser: «Le Sleep-In n'est pas censé accueillir des usagers de cette façon-là dans son jardin. Ce n'est pas conforme à la convention qu'ils ont avec nous. Ils auraient dû nous le signaler immédiatement.»

Du côté de la police de l'Ouest lausannois, on se veut pragmatique. «Si l'on applique concrètement la loi, le camping sauvage est interdit, note l'officier Fabio Bottali. Parfois des agents passent pour des contrôles, mais il faut aussi savoir faire preuve d'humanité. Nous attendons une décision politique.» Celle-ci sera prise par les autorités communales et cantonales après un rapport de Michel Cornut. D'ici là, le Sleep-In pourra lui communiquer ses besoins afin de gérer cette situation de crise et de rendre les lieux plus décents.

Ton opinion