Canton de Zurich: Lieux de passe: au moins 19 autres locataires lésés
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Canton de ZurichLieux de passe: au moins 19 autres locataires lésés

Jeudi, le Blick révélait que l'appartement sous-loué d'une Zurichoise avait été transformé en lupanar par un Allemand. Ce dernier a sévi ailleurs.

par
Christine Talos
Les prostituées connaissent très bien les lois suisses.

Les prostituées connaissent très bien les lois suisses.

AFP

Jeudi, on apprenait qu'une Zurichoise avait eu la très désagréable surprise d'apprendre par la police que l'appartement qu'elle avait sous-loué à un Allemand durant ses vacances de 3 mois à Hawaï était occupé en fait par des prostituées travaillant «à domicile». Des dames qui avaient en outre transformé son logement en un taudis indescriptible et insalubre. Ce vendredi, le Blickrevient sur l'affaire et révèle que celle-ci est bien plus importante que prévu.

En effet, le journal a mené l'enquête et découvert que l'Allemand en question, un certain Heiko S, a pratiqué de la même manière au moins 19 fois, dont 17 rien que dans la ville de Kloten (ZH) cette dernière année. La police est au courant et l'homme a été dénoncé. Mais à chaque fois, Heiko S passe entre les gouttes et reprend son manège un peu plus loin.

Il y a toute une organisation

Car l'homme est habile. Selon deux locataires lésés qui lui ont mis à disposition leurs appartements meublés, il est pratiquement impossible, même pour des professionnels, de le démasquer à l'avance. Et ils estiment que l'Allemand, qui se fait passer pour un ingénieur, n'agit pas seul. Il y a toute une organisation derrière, croient-ils.

Un des logements de Kloten a été loué à une femme répondant au nom de Sabrina et qui travaille avec Heiko S, explique le Blick. «Elle avait tous ses papiers en règle et une réponse plausible à toutes mes questions», explique la locataire des lieux. Mais celle-ci se rend vite compte que plusieurs femmes travaillent dans l'appartement. Et celles-ci sont particulièrement effrontées: «quand j'ai voulu les expulser, elles m'ont lu le code des obligations et ont menacé d'appeler la police», explique-t-elle.

Droit du bail très laxiste

Pour elle, c'est clair: «elles savent très bien que le droit du bail suisse est très laxiste et elles profitent de chacune des lacunes», critique-t-elle en indiquant que la police n'a pas pu l'aider. Un autre locataire a dû changer les serrures de l'appartement pour faire cesser le manège et a lui aussi retrouvé son logement dans un état indescriptible.

Le Blick a réussi à contacter l'Allemand Heiko S. Selon lui, la police lui a expliqué que des appartements partagés par plusieurs filles ne posaient pas de problème, avance-t-il. En outre, il affirme ne pas être un proxénète. «Je suis seulement responsable de leur publicité», confie-t-il, tout en reconnaissant que les filles qu'il place en sous-location travaillent dans l'industrie du sexe. Mais selon lui, elles sont des escort-girls et ne sont pas censées recevoir «à domicile». Ces visites sont des exceptions, estime-t-il. Tout en se plaignant: «les lois sur la prostitution sont tellement compliquées en Suisse. »

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