Genthod (GE): Ligoté et mutilé: la loi du silence règne
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Genthod (GE)Ligoté et mutilé: la loi du silence règne

Accusé d'avoir enlevé et séquestré un jeune homme dans les bois de Genthod début juillet, un Albanais de 21 ans a été condamné à deux ans de prison avec sursis.

par
Raphaël Leroy

«Je ne sais pas. Je ne rappelle pas. Je ne comprends rien.» L'Albanais de 21 ans qui s'est présenté mercredi matin devant le Tribunal de police de Genève n'a pas hésité à jouer la carte de l'amnésie pour se disculper des «actes particulièrement graves» qui lui sont reprochés.

Comme nous le révélions au moment des faits, le 2 juillet au matin, un promeneur du bois Sur le Four, à Genthod, est tombé sur un drôle de sac-poubelle. A l'intérieur, il y découvre un jeune homme de 21 ans, vivant mais ligoté et blessé. Après avoir été libéré et recueilli par la police, l'individu est acheminé à l'hôpital, avant de disparaître dans la nature. La piste d'un règlement de comptes lié à un trafic de drogue est alors privilégiée.

Des preuves accablantes

Devant la cour, l'accusé, un jeune homme brun impassible, conteste avoir participé à cela. Pourtant, des traces d'ADN ont été retrouvées sur des mégots de cigarettes laissés sur les lieux des faits par deux de ses comparses et lui-même. Une empreinte de l'un de ses amis a aussi été détectée sur le ruban adhésif utilisé pour ligoter la victime. Enfin, son téléphone portable a été localisé dans le bois entre minuit et 5h du matin, la nuit du 2 juillet.

Des preuves accablantes qui laissent de marbre le prévenu, qui dit être sans domicile fixe depuis son arrivée en Suisse en juin et dormir de temps en temps dans les bois.

La loi du silence

«Je ne me rappelle pas, mais il est possible que j'aie fumé une cigarette», commence-t-il. «A proximité du lieu?» demande la présidente. «Oui, mais je ne me rappelle plus où. Je ne connais en tout cas pas l'endroit des faits», rétorque en albanais le jeune homme.

Et l'empreinte sur le scotch? «Je ne sais pas», répond l'accusé. «Et votre téléphone localisé dans le bois? A qui téléphoniez-vous? Ça vous arrive souvent de téléphoner la nuit?» insiste la présidente, exaspérée. «Je ne me souviens pas de ce que j'ai fait cette nuit-là», répond le prévenu avant de dire que ce n'était pas lui qui téléphonait. «Vous vous souvenez, ou pas? Il est tellement confus!» s'emporte la présidente.

Condamné à deux ans avec sursis

Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé dix-huit mois de prison avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve de quatre ans, sachant que l'accusé n'a pas de casier judiciaire. La défense, elle, a demandé son acquittement ou le sursis.

Le prévenu a finalement été condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis et à un délai d'épreuve de quatre ans. Emprisonné depuis trois mois à Champ-Dollon, l'homme, qui a esquissé un petit sourire, est désormais libre. Ses compères, eux, courent toujours.

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