Suisse: Limiter la vitesse à 100 km/h sur l’autoroute divise les élus
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SuisseLimiter la vitesse à 100 km/h sur l’autoroute divise les élus

Une intervention d’un élu écologiste sera déposée en mai au parlement vise à diminuer la consommation d’essence et les émissions de CO2. Si des voix le soutiennent, trouver une majorité ne s’annonce pas facile.

Pour soulager le porte-monnaie des automobilistes et réduire les émissions de CO2, un élu écologiste voudrait limiter la vitesse à 100 km/h sur les autoroutes suisses.

Pour soulager le porte-monnaie des automobilistes et réduire les émissions de CO2, un élu écologiste voudrait limiter la vitesse à 100 km/h sur les autoroutes suisses.

20min/Marvin Ancian

Le conseiller national Raphaël Mahaim (Les Verts/VD), qui a repris le siège de Daniel Brélaz sous la Coupole à Berne, va proposer, en mai, de limiter à 100 km/h la vitesse maximum sur les autoroutes. Cette mesure, débattue dans l’émission «Forum» de la RTS dimanche, vise à réduire la consommation d’essence (lire encadré) et à diminuer les émissions de CO2.

Selon l’élu écologiste, pousser les automobilistes à lever le pied répond à la fois à des exigences écologiques mais aussi à la hausse du prix des carburants et à la dépendance de la Suisse aux énergies fossiles liées à la guerre en Ukraine. Le président des Verts suisses, Balthasar Glättli, soutient cette idée et parle même d’une limitation à 80 km/h, dans «20 Minuten».

La proposition pourrait aussi séduire les socialistes. Le conseiller national Matthias Aebischer (PS/Berne) nuance toutefois: «La problématique de notre dépendance au gaz et au pétrole russes ne sera toutefois pas résolue par une telle mesure, car le délai jusqu’à son entrée en vigueur sera beaucoup trop long.»

Économie de 70 francs par année

Plafonner la vitesse à 100 km/h sur les autoroutes est qualifié de «bonne idée» par le président des Vert’libéraux. Mais pour autant qu’il s’agisse de réduire les émissions de CO2. «Si c’est pour soulager le porte-monnaie, cette mesure est inutile», tempère-t-il.

Une estimation évoquée dans «Forum», provenant de chiffres du Conseil fédéral, fait état d’une économie annuelle de l’ordre de 70 francs sur l’essence en cas de baisse de la vitesse de 120 à 100 km/h. «Sur le budget des ménages, je reconnais volontiers que l’effet est modeste», a admis Raphaël Mahaim au micro de la RTS. Mais, selon ce dernier, son idée pourrait réduire la consommation globale en Suisse de carburant «de 3% pour tout le parc automobile. Donc c’est une mesure qui est d’une efficacité redoutable.»

Hausse à 130 km/h demandée

Au centre et à droite, les politiciens interrogés se montrent plus sceptiques. La conseillère aux États Marianne Maret (Le Centre/VS) souligne que la mesure n’aurait aucun effet pour les automobilistes qui n’empruntent jamais l’autoroute. Elle en appelle aussi à la responsabilité individuelle des conducteurs pour réduire leur vitesse et leur consommation.

Le conseiller national Walter Wobmann (UDC/SO) dénonce une récupération politique: «Il s’agit tout simplement d’une nouvelle attaque des écologistes contre le trafic motorisé. De plus, cela n’a rien à voir avec les sources d’énergie russes, nous n’achetons presque pas de pétrole à la Russie.» Le PLR bernois Christian Wasserfallen va même à contresens de la proposition écologiste: «Il faudrait plutôt s’harmoniser avec l’étranger et augmenter la limite de vitesse à 130», lance le conseiller national bernois.

Économies jusqu’à 15%?

(blu/jba)

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