Crise énergétique : L’immense réservoir de gaz sous les Alpes se précise en Valais
Publié

Crise énergétique L’immense réservoir de gaz sous les Alpes se précise en Valais

La guerre en Ukraine et les risques liés à l’approvisionnement énergétique offrent une opportunité nouvelle à une société romande, qui envisage de creuser d’énormes cavités dans la roche à Oberwald. 

Le projet, devisé à quelque 400 millions de francs, pourrait être achevé en 2030.

Le projet, devisé à quelque 400 millions de francs, pourrait être achevé en 2030.

Gaznat

Le projet de Gaznat, qui souhaite creuser des cavités dans la roche afin de créer un immense réservoir de gaz naturel à Oberwald (VS), a le vent en poupe. La crise énergétique liée à la Guerre en Ukraine lui donne un second souffle. 

Afin de réduire sa dépendance à la volatilité des prix du gaz, la firme romande avait imaginé pouvoir stocker l'équivalent 1480 GWh d'énergie – une quantité comparable à celle accumulée par le barrage de la Grande-Dixence – en vue d’une utilisation durant la saison froide. Le projet n’était de loin pas gagné, les contraintes techniques et économiques constituant d’énormes obstacles à sa réalisation. Et il n’entrait pas dans la stratégie énergétique de la Suisse, qui vise une réduction considérable de la consommation d’énergies fossiles à l’horizon 2050. 

Et puis la situation géopolitique a drastiquement changé, faisant passer le risque de pénurie d’énergie au premier plan. «L'intérêt pour un tel système a considérablement augmenté», a fait savoir René Bautz à Blick. Pour le PDG de Gaznat, une telle capacité de stockage, qui n’existe actuellement pas en Suisse, contribuerait à la sécurité de l’approvisionnement. 

Un «grand intérêt» à Berne

Un projet qui suscite dorénavant de l’intérêt  à Berne, selon le journal. «Toutes les mesures ou tous les projets qui contribuent à accroître la sécurité d'approvisionnement sont suivis avec un grand intérêt», déclare-t-on du côté de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays. 

Pour faire face à un blackout

D’autant que les carottages effectués par les géologues dans le Haut-Valais se sont montrés concluants et que le site est en outre situé à quelques centaines de mètres du tracé du gazoduc Transitgas, qui relie la région bâloise à la frontière italienne (Domodossola). Et ces cavités pourraient permettre d'absorber l’électricité excédentaire des centrales photovoltaïques et des parcs éoliens sous forme d'hydrogène à plus long terme. 

Reste la question du financement. Gaznat mène actuellement une étude de faisabilité dont les résultats sont attendus d'ici à la fin de l'année. «Il existe différentes options de financement. Nous sommes également en contact avec le gouvernement fédéral pour évaluer des scénarios», explique René Bautz. Affaire à suivre. 

(mst)

Ton opinion

170 commentaires