05.11.2020 à 21:44

ÉtudeL’impact terrible du Covid sur les malades du cancer

Une étude britannique révèle les conséquences dévastatrices que peut avoir le Covid-19 pour les autres maladies, dont le cancer. Car il bouleverse la prise en charge.

Des conclusions qui «invitent à la réflexion», selon les auteurs de l’étude, alors que de nombreux hôpitaux ont dû reprogrammer les opérations considérées comme «non urgentes».

Des conclusions qui «invitent à la réflexion», selon les auteurs de l’étude, alors que de nombreux hôpitaux ont dû reprogrammer les opérations considérées comme «non urgentes».

iStock

Retarder le traitement d’un cancer, même d’un mois, provoque un impact significatif sur le risque de mortalité des patients, montre une étude publiée mercredi, qui renforce les conclusions d’autres recherches alertant sur l’effet délétère de la pandémie de Covid-19 pour les autres maladies. Les tensions d’approvisionnement concernant certains traitements sont déjà un problème fréquent en temps normal. Mais la propagation du coronavirus a causé des ruptures sans précédent dans l’accès aux services de santé dans le monde entier.

Dans l’étude publiée par la revue médicale britannique «BMJ», des chercheurs britanniques et canadiens ont analysé les conséquences de retards de traitements (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie…) pour sept types de cancers, à partir de 34 études publiées ces vingt dernières années.

Reprogrammation

Hors pandémie, «les retards de traitement sont l’exception, mais peuvent malgré tout toucher 10% à 15% des patients», a expliqué l’oncologue Ajay Aggarwal, l’un des auteurs de l’étude. Il conclut que même un mois de délai peut entraîner 6% à 13% de risque en plus de mourir pour le patient. Et plus le retard est long, plus ce risque augmente. Décaler de 12 semaines l’opération de toutes les femmes atteintes d’un cancer du sein nécessitant une chirurgie – comme lors des confinements liés au Covid-19 par exemple – se traduirait par 6'100 décès supplémentaires en une année aux États-Unis, et 1'400 au Royaume-Uni, estiment les auteurs.

Des conclusions qui «invitent à la réflexion», jugent-ils, alors que de nombreux hôpitaux ont dû reprogrammer les opérations considérées comme «non urgentes» afin d’augmenter le nombre de lits et de soignants disponibles pour les patients atteints de Covid-19. «Certains pays ont publié des recommandations sur la priorisation des chirurgies des cancers, que les résultats de cette étude ne semblent pas valider», expliquent les chercheurs.

Au Royaume-Uni, par exemple, il a été considéré qu’on pouvait retarder de 10 à 12 semaines certains traitements, tels que les chirurgies colorectales, sans impact négatif sur le pronostic pour le patient. Or, «nous avons trouvé que faire passer le délai d’attente pour ce type d’opération à 12 semaines au lieu de 6 augmentait le risque de mortalité de 9%», soulignent les chercheurs.

(AFP)

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264 commentaires
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José

06.11.2020 à 09:54

Il ne faut pas se le cacher, les services hospitalier même hors covid sont surbooké surtout à cause des restructuration pour faire baisser les coûts. Aujourd'hui, le covid est la bonne excuse pour tous...

heuuu

06.11.2020 à 09:24

c est la faute au covid ou a la manière de gerer le covid??

Cancersein

06.11.2020 à 08:23

2 cancers invasifs décelés debut fevrier 19 mais opérés fin mars, presque 2 mois sans traitement. Pas d urgence et pas de covid.