Santé féminine – L’incontinence, sujet tabou numéro 1 en Suisse
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Santé féminineL’incontinence, sujet tabou numéro 1 en Suisse

Une enquête auprès de 1029 Suisses a montré qu’une femme sur cinq ne parlerait à personne des faiblesses de sa vessie. Ni à son partenaire, ni à sa meilleure amie, ni même à son médecin.

Archives/Photo d’illustration.

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Phanie via AFP

L’incontinence urinaire, qui se manifeste par des fuites involontaires d’urine (lire l’encadré), représente le thème le moins évoqué par les Suisses. Telle est la conclusion d’une récente enquête menée par l’institut de sondages Innofact auprès de 1029 Suisses sur les sujets touchant la santé féminine. Les chiffres sont éloquents: deux tiers des Suisses (65%) «se sentent gênés d’en parler avec leur entourage», peut-on lire dans le communiqué officiel.

Le sondage révèle que presque une Suissesse sur cinq (21%) ne se confierait à «absolument personne». Chez les Romandes, c’est même une femme sur quatre (25%) qui n’en dirait pas un mot – par rapport à 19% chez les Alémaniques. Et si elles demandent conseil, c’est le plus souvent à leur meilleure amie, puis à leur mère, avant de se tourner vers leur partenaire de vie ou le personnel médical féminin.

Parmi les autres thèmes tabous, figurent les fausses couches (64%), la ménopause (51%) et l’allaitement (44%). Les Suisses évoquent plus facilement la grossesse (33%) et la contraception (37%). Il en ressort encore que pour 13% des personnes, «tous ces thèmes sont par principe déplaisants».

«Bien que les conversations sur la santé féminine soient en général plutôt agréables pour les femmes», selon l’enquête, quatre sur dix ne se sentent pas à l’aise lorsqu’il s’agit de parler de menstruations (39%) et d’allaitement (40%). Côté masculin, 62% des hommes sont intimidés par le sujet des menstruations et 47% par celui de l’allaitement. «Les sujets concernant la santé féminine ne sont pas des questions très spécifiques: ils concernent 51% de la population. Et pourtant, les gens en parlent rarement», tient à préciser Tania Boler, CEO de la société britannique Elvie mandataire du sondage.

Top 5 des tabous par région

Le sondage révèle encore que les Romands, contrairement aux Alémaniques, se sentent généralement plus à l’aise pour aborder les thèmes relatifs à la santé féminine.

Les Romands (en pourcentage de ceux qui se sentent gênés d’en parler):

  • Incontinence urinaire: 66%

  • Fausse couche: 53%

  • Ménopause: 47%

  • Fertilité / planning familial: 44%

  • Menstruations: 41%

Les Alémaniques:

  • Fausse couche: 68%

  • Incontinence urinaire: 65%

  • Menstruations: 54%

  • Fertilité / planning familial: 52%

  • Ménopause: 52%

Prévenir efficacement l’incontinence urinaire

Le Prof. Patrick Dällenbach, responsable de l’unité de périnéologie des HUG, confirme que «l’incontinence urinaire est une maladie honteuse encore pour beaucoup de femmes». Il rappelle que cette affection touche environ 500’000 femmes de tout âge en Suisse. Rééducation du périnée, traitements médicamenteux, interventions chirurgicales… Il est possible de prévenir efficacement ce trouble, à condition d’en parler. Une prise en charge thérapeutique guérit ou améliore plus de 90% des cas.

Ce trouble se manifeste principalement sous trois formes. D’abord, l’«incontinence d’effort». Porter des charges, courir, rire, tousser ou encore éternuer sont des efforts pouvant provoquer des fuites. Vient ensuite l’«incontinence d’urgence». Elle se caractérise par le besoin pressant d’uriner conduisant à une fuite involontaire avant d’atteindre les toilettes ou par des besoins fréquents soudains et intenses d’uriner. Enfin, il existe l’«incontinence mixte» associant les deux formes précédentes.

(kaa)

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