Chocolat: Lindt & Sprüngli toujours sur la voie de la croissance
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ChocolatLindt & Sprüngli toujours sur la voie de la croissance

Lindt & Sprüngli n'a pas trop souffert du recul du pouvoir d'achat des consommateurs au premier semestre.

Poursuivant sa croissance entamée en 1995, le chocolatier a dégagé un bénéfice net de 22,9 millions de francs, 4,6% de plus qu'un an auparavant.

La hausse reflète notamment la réduction de l'impôt allemand sur les sociétés, la charge fiscale du groupe passant d'un an à l'autre de 9,2 à 8,9 millions de francs, écrit mardi le chocolatier établi à Kilchberg. Toutefois, des investissements en hausse et le versement d'un dividende plus important ont entraîné un repli du résultat financier net, compte tenu de l'instabilité des bourses.

A la faveur d'un strict contrôle des coûts, mais aussi pour avoir répércuté sur les consommateurs une partie de l'envol des prix des matières premières, le résultat d'exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) a crû de 11,6% à 33,6 millions de francs. Le chiffre d'affaires s'est quant à lui inscrit à 1,17 milliard, 2,9% de plus qu'à fin juin 2007.

Reste que le chocolatier des bords du lac de Zurich a particulièrement souffert de la dépréciation jusqu'à près de 15% du dollar américain, du dollar canadien et de la livre britannique au regard du franc. Exprimée en monnaies locales, l'augmentation des ventes a atteint 7,9%.

Prix des matières premières

Solide, l'expansion des ventes a dépassé la moyenne du marché, a précisé Lindt & Sprüngli. Mais depuis 2007, les craintes d'inflation tout comme l'affaiblissement conjoncturel ont affecté le moral des consommateurs aux Etats-Unis, puis en Europe. Le chocolatier évoque la hausse massive des prix des matières premières, avec notamment en un an, un doublement pour le lait et un envol de 70% du côté du cacao.

Reste que Lindt & Sprüngli a pu s'appuyer sur sa stratégie de produits orientés vers le haut de gamme. Le groupe rappelle à ce titre qu'il réalise au cours des six premiers mois de l'année moins de 40% du chiffre d'affaires annuel.

Dans ce contexte difficile, la plupart des grands marchés du chocolat en Europe et aux Etats-Unis n'ont affiché qu'une légère progression en valeur entre 2 et 3%. Les volumes ont en revanche fléchi.

En Europe et au Proche-Orient, les ventes ont augmenté de 3,8% à 830,9 millions de francs, la plupart des marchés enregistrant une progression. Les hausse les plus vives sont intervenues en Suisse, en France, en Autriche et en Espagne. En revanche, les chiffres d'affaires ont diminué en Allemagne et en Italie.

De plus en plus copié

Evoquant ces tassements, Lindt & Sprüngli relève une tendance accrue à «la copie des concepts à succès des marques bien établies». Outre-Rhin, le chocolatier zurichois a aussi souffert de l'intense activité des fabricants de produits de marque propre, destinés notamment aux discounters.

En Amérique du Nord et latine, les ventes se sont repliées de 4,1%, conséquence des dévalorisations «massives» des monnaies locales. Exprimées en dollars américains, elles ont en revanche gagné 12,1% à 223,6 millions, soit au cours actuel quelque 246 millions de francs.

Sur les autres marchés, le chiffre d'affaires s'est globalement étoffé de 14,1% à 105,3 millions de francs (&15% en monnaies locales). Lindt & Sprüngli mentionne notamment une évolution favorable en Australie, avec l'ouverture de ses propres magasins. D'autres nouvelles boutiques suivront.

Pour la suite, le groupe s'attend à ce que le marché reste tendu, «au deuxième semestre et au-delà». La croissance organique devrait néanmoins continuer à se situer dans l'objectif fixé entre 6 et 8%. (ats)

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