Suisse romande: L’inflation fait chauffer le budget des festivals

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Suisse romandeL’inflation fait chauffer le budget des festivals

Entre pandémie et guerre en Ukraine, les prix des matières premières flambent et leur disponibilité est limitée. Parmi les secteurs touchés, les festivals, confrontés à une multitude de surcoûts.

par
Jessica Monteiro
Au Montreux Jazz Festival aussi, l’inflation a eu des conséquences. Les prix des matières premières ont explosé.

Au Montreux Jazz Festival aussi, l’inflation a eu des conséquences. Les prix des matières premières ont explosé.

20min/François Melillo

Essence, électricité, bois, acier… autant de matériaux indispensables à l’existence même d’un festival. Les prix n’ont pas attendu la guerre en Ukraine pour prendre l’ascenseur. La pandémie avait déjà ouvert la voie. La facture est salée pour certains événements: le Gurtenfestival (BE) accuse, par exemple, un surcoût de 250’000 francs, révèle «Der Bund». Le coordinateur du département construction du Paléo, Stéphane Python, explique qu’il a fallu être stratège. «On avait constaté la rareté de certains matériaux déjà en novembre dernier. Forcément, les prix allaient augmenter. On savait qu’il fallait anticiper, notamment pour le bois.»

Amortir? Compliqué

Les fournisseurs se font aussi rares que les produits, constate Michael Drieberg, directeur de Sion sous les étoiles. «Les prestataires sont surchargés. On se retrouve avec trois ans de spectacles compilés sur un seul: évidemment que le matériel manque, il ne peut pas se démultiplier.» Conséquence: la demande, nettement supérieure à l’offre, fait grimper les prix. Selon le directeur, le montant de la location des semi-remorques a triplé.

Au festival sédunois, les pertes n’ont pas été compensées par la vente de billets: 20’000 tickets ayant été écoulés pour l’édition annulée de 2020, les organisateurs ne pouvaient pas se permettre d’augmenter les tarifs. Résultat, Michael Drieberg prévoit de réduire les marges afin d’équilibrer les comptes. À Paléo, on espère que «les festivaliers auront très faim et très soif, en plus de passer un bon moment», pour amortir les dépenses.

Situation difficile pour les petits festivals

«Le retour à la normale, ce n’était pas gagné», confie Xavier Meyer, directeur du festival Les Georges (FR). L’édition 2022 a eu son lot de surprises budgétaires: entre hausse des prix du matériel, suppression de rabais autrefois accordés par les partenaires, ou peu d’aides du Canton. Xavier Meyer espère atteindre l’équilibre, «mais on n’est pas à l’abri d’un surcoût surprise, auquel cas il faudra peut-être puiser dans les réserves».

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