Votations du 25 septembre: Un oui plutôt fragile à la réforme de l’AVS

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Votations du 25 septembreUn oui plutôt fragile à la réforme de l’AVS

À huit semaines du vote, selon le sondage «20 minutes/Tamedia», les initiatives sur l’élevage intensif, la hausse de l’âge de l’AVS et la hausse de la TVA seraient acceptées. La réforme de l’impôt anticipé serait refusée.

Abstimmungsunterlagen (Ehe für alle und 99% Initiative) am 16.09.2021

Abstimmungsunterlagen (Ehe für alle und 99% Initiative) am 16.09.2021

20min/Celia Nogler

Le menu du scrutin du 25 septembre prochain est copieux. Pas moins de quatre objets sont soumis au peuple. Plus de 16’000 personnes ont pris part au premier sondage «20 minutes/Tamedia», dont voici les résultats.

L’initiative sur l’élevage intensif serait acceptée

L’initiative populaire intitulée «Non à l’élevage intensif» recueillerait 55% de oui, 43% de non et 2% ne se prononcent pas. Le texte est particulièrement approuvé par les femmes (64%) ainsi que parmi les sympathisants des Verts, du Parti socialiste (PS) et des Vert’libéraux. L’argument le plus souvent cité par les partisans est qu’une grande partie des animaux est détenue de manière groupée dans des espaces restreints et n’a généralement pas accès à l’extérieur. Pour ceux qui refusent cette initiative, la Suisse a déjà l’une des lois les plus strictes en matière de protection des animaux et il n’est donc pas nécessaire d’en rajouter.

Deux scrutins liés concernant l’AVS

Le souverain est appelé à se prononcer sur l’AVS et sur son financement. Ce second objet doit remporter l’adhésion des votants ainsi que de la majorité des cantons pour être accepté.

Selon notre sondage, une majorité approuverait la réforme de l’AVS, à savoir le relèvement de l’âge de la retraite pour les femmes de 64 à 65 ans, à 53%, tandis que 44% seraient contre et 3% ne donnent aucune indication sur leurs intentions de vote. Le projet est très nettement rejeté par les femmes et les sympathisants du PS et des Verts. Dans l’électorat bourgeois, c’est auprès de la base de l’UDC que le soutien est le plus faible. Même si la différence entre les sexes n’est pas surprenante, son ampleur est tout à fait notable. Seules 36% des femmes sont pour, alors que la part de oui chez les hommes est de 71%, soit 35 points de pourcentage de plus. Le relèvement de l’âge de la retraite est également rejeté par le groupe de population le plus concerné, celui des 50-64 ans (58% de non), alors que l’approbation est la plus forte chez les votants les plus jeunes.

L’argument qui réunit les partisans est qu’avec l’égalité croissante entre les sexes, les femmes devraient travailler aussi longtemps que les hommes. Les opposants au projet rejettent principalement l’augmentation parce que l’AVS 21 permettrait de faire des économies sur le dos des femmes, alors que les femmes reçoivent déjà une rente inférieure d’un tiers à celle des hommes.

Oui à une hausse de la TVA

Pour financer cette réforme de l’AVS, la TVA pourrait être augmentée de 0,4%. Actuellement, 58% des votants diraient oui, 38% se prononcent contre et 4% ne donnent aucune indication sur leurs intentions de vote. Chez les femmes, le taux d’approbation est de 50% et chez les hommes de 65%. Une nette majorité des sympathisants du Centre, du PLR et des PVL soutient cette hausse de la TVA. L’électorat de l’UDC est divisé, tandis qu’une majorité relative des sympathisants du PS et des Verts rejette l’arrêté fédéral. Le projet est davantage soutenu en Suisse alémanique qu’en Suisse romande. Le soutien est le plus élevé chez les plus âgés.

Pour les partisans, deux arguments principaux sont avancés: d’une part, le fait que l’augmentation de la TVA concerne toutes les générations et que les actifs ne sont donc pas les seuls à contribuer à la garantie de l’AVS; d’autre part, l’augmentation de la TVA de 0,4% serait socialement acceptable et supportable pour les consommateurs individuels. Pour les opposants, cette hausse réduirait encore le pouvoir d’achat et il serait préférable d’attribuer une partie des bénéfices de la Banque nationale à l’AVS plutôt que de procéder à une telle augmentation.

Non à la modification de la loi sur l’impôt anticipé

La modification de la loi fédérale sur l’impôt anticipé serait rejetée: 51% diraient non et 30% oui. Mais il y a un tiers des personnes ayant participé au sondage qui ne se sont pas prononcées. Le projet est très clairement rejeté dans le camp rose-vert et ne recueille actuellement une majorité que parmi les sympathisants du PLR. Il y a également une différence entre les sexes pour ce projet: seules 25% des femmes veulent voter oui, alors que 37% des hommes soutiennent la loi fédérale.

Les partisans sont notamment favorables au projet parce que la future imposition minimale de l’OCDE affaiblit les États comme la Suisse. La suppression de l’impôt anticipé compenserait en partie ce désavantage. En outre, les partisans estiment que l’impôt anticipé ne fait que gaspiller des recettes fiscales et des emplois à l’étranger et que la réforme donne accès à des possibilités de financement plus avantageuses.

Pour les opposants, plusieurs raisons sont avancées. L’abolition de l’impôt anticipé serait un projet fiscal de plus qui favoriserait unilatéralement le capital au détriment de la population, les coûts des pertes fiscales seraient supportés par la population et l’abolition favoriserait la criminalité fiscale pour les personnes fortunées en Suisse et à l’étranger.

Information sur le sondage

16’341 personnes de toute la Suisse (11’569 Alémaniques, 4314 Romands et 458 Tessinois) ont participé à ce sondage «20 minutes/Tamedia» qui s’est déroulé en ligne du 3 au 4 août. Il a été réalisé en collaboration avec l’institut de sondage LeeWas. Les résultats ont été pondérés selon les variables politiques, géographiques et démographiques. La marge d’erreur se situe à +/- 1,3 point.

(20min)

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