Actualisé 09.07.2020 à 07:21

Canada

L’intervenante dont on ne peut plus se passer sur Zoom

Cette ânesse est devenue une invitée récurrente des visioconférences de travail pendant la pandémie. Son but? Détendre l’atmosphère et, surtout, encaisser un petit cachet.

Buckwheat est devenue une spécialiste des visioconférences…

Buckwheat est devenue une spécialiste des visioconférences…

AFP

Devenue une vedette sur Zoom avec ses irruptions surprises – et payantes – au milieu de visioconférences, une ânesse a permis de renflouer les finances d'un refuge pour animaux au Canada, déserté de ses visiteurs pour cause de coronavirus.

«Allô», lance un bénévole du refuge, Tim Fors, en présentant une invitée inattendue à quelques personnes réunies pour une visioconférence sur Zoom. Aux quatre coins de l'écran, c'est l'étonnement général: des «ah» et des «oh» attendris fusent quand les gens découvrent la frimousse de Buckwheat (sarrasin, en français), une ânesse au pelage gris et blanc.

«Nous nous incrustons dans votre réunion. Je vous présente Buckwheat, célèbre tapeuse d'incruste de réunions», leur dit Tim Fors, provoquant des fous rires.

«Buckwheat s’invite dans des réunions, à la demande des gens, pour faire de l'argent, c'est un moyen de récolter des fonds pour nourrir les vaches, particulièrement pendant le Covid», explique Tim Fors. Jusqu'à l'arrivée de la pandémie au Canada mi-mars, le refuge Farmhouse Garden Animal Home dépendait essentiellement des dons des visiteurs et des recettes d’activités organisées sur place. Cela suffisait à assurer la survie de la ménagerie du refuge, situé à 75 km au nord-est de Toronto.

Besoin urgent de revenus

«Il y a environ quatre ans, Mike Lanigan, le propriétaire de ce qui était à l’époque un ranch bovin et éleveur de la 3e génération, a eu un changement de vocation et a décidé qu'il n'enverrait plus jamais ses vaches à l'abattoir», raconte Tim Fors. Le refuge héberge aujourd'hui une vingtaine de vaches, des poules, des canards, un cheval et Buckwheat, l'ânesse qui y est née il y a 12 ans.

Mais la crise du coronavirus, et l’absence totale de visiteurs qui allait avec, menaçait la survie du refuge. Ses responsables ont donc cherché dans l’urgence de nouvelles sources de financement. C’est ainsi qu’est née l'idée de porter les animaux à l'écran pour qu'ils tiennent compagnie aux participants et détendent l’atmosphère dans les visioconférences, dont la pratique s’est généralisée pendant les confinements.

Un formulaire sur le site internet du refuge permet de réserver les services de Buckwheat, de Melody le cheval ou encore de Victoria, «la matriarche du troupeau» de vaches.

Il en coûte 75 dollars canadiens (52 francs) pour une présence animale de 10 minutes pendant une visioconférence, 125 dollars pour 20 minutes (87 francs) et 175 dollars pour une demi-heure (122 francs), a détaillé explique Edith Barabash, cofondatrice du refuge, au «Toronto Life Magazine».

«Nous sommes heureux de voir des gens en réunion surpris, ils sont toujours très surpris lorsqu'ils voient apparaître un âne», ajoute Tim Fors. «Nous avons débuté vers la fin avril et je pense que nous avons fait une centaine de réunions et parfois nous nous invitons dans trois à quatre réunions par jour.»

«Lorsque le Covid sera terminé, j'espère que vous viendrez nous voir un de ces jours», conclut Tim Fors en s'adressant aux participants. «Certainement», répond l'un d'eux avec enthousiasme.

(AFP)

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3 commentaires
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Peaudâne

09.07.2020 à 10:43

cet ânesse devrait présenter le journal sur la TSR. Elle a de de l'empathie, un regard clair et net. Elle ne semble pas s'inquiéter des pseudos-humains qui l'entoure et, bien que chez l'âne, quand c'est non c'est non, elle ne dira pas, en cas de refus, "Pardonnez-moi".

Hihan

09.07.2020 à 10:29

Au moins dans les yeux de ce noble animal, on voit une lueur d'intelligence. Il devrait faire de la politique........