Vevey (VD) - Un an de prison avec sursis contre le municipal Lionel Girardin
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Vevey (VD)Un an de prison avec sursis contre le municipal Lionel Girardin

Les juges ont condamné l’élu veveysan pour gestion déloyale des intérêts publics. La présidente a parlé de faits «graves».

par
Yannick Weber
Le verdict a été rendu mardi matin à Vevey (VD)

Le verdict a été rendu mardi matin à Vevey (VD)

20min/Carole Alkabes

Le Tribunal correctionnel a reconnu mardi matin le municipal Lionel Girardin coupable de gestion déloyale des intérêts publics et l’a condamné à un an de prison et 40 jours-amendes, le tout avec un sursis de deux ans. La présidente du tribunal a parlé d’une «culpabilité relativement lourde» pour des «agissements qui ont eu lieu entre 2013 et 2018 et n'ont cessé que parce qu'ils ont été découverts», a déclaré la présidente.

«Dessein manifeste»

La juge a regretté la «prise de conscience nulle» du prévenu, qui ne reconnaît pas d’erreur. «Il s’est comporté de façon toute-puissante», a-t-elle dit. Plusieurs fois lors de la lecture du verdict, elle a prononcé les phrases «il a décidé unilatéralement», «une décision prise sans en référer au conseil de la fondation», «la décision a été prise par le prévenu seul».

Tout en critiquant le «dilettantisme des autres membres du conseil», qui auraient eu les cartes en main pour mettre fin aux actes incriminés, elle a parlé «de faits qui restent graves». «Il est manifeste que le prévenu avait un dessein d’enrichissement illégitime. Il était conscient du risque de conflits d’intérêts et il s’en est accommodé», a-t-elle déclaré, sous l’oeil de Lionel Girardin, visiblement marqué, se prenant la tête et les yeux entre les mains à plusieurs reprises.

Le procureur voyait plus grand

Certains points relevés par le Ministère public dans son acte d’accusation n’ont pourtant pas été retenus. Par exemple, l’externalisation de la gestion des RH ou le fait que la femme du prévenu était rémunérée via sa société n’ont pas été considérés comme de la gestion déloyale. Par ailleurs, les reproches concernant son achat de chèques Reka en bénéficiant de rabais collaborateurs alors qu’il n’en avait pas le statut ont été écartés car l’accusé a remboursé les montants en jeu.

Malgré tout, le Tribunal a considéré que tant pour la gestion des RH (avant que sa femme ne s’en occupe formellement) que pour le déploiement des activités de coworking, dont la gestion avait été confiée à sa propre société, la Fondation a été prétéritée financièrement «de plusieurs dizaines de milliers de francs».

Le procureur, qui avait requis 15 mois de prison avec sursis, a quitté le tribunal sans s’exprimer, pour l’heure, sur un éventuel appel. Idem pour Lionel Girardin et son avocat, qui ont quitté le Tribunal sans faire le moindre commentaire. Le municipal Yvan Luccarini, futur syndic de Vevey, a dit ne pas vouloir faire «de commentaire politique» et a indiqué que le jugement serait discuté lors de la prochaine séance de l’exécutif.

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