Athlétisme: Lisa Urech «tranquille et relax»
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AthlétismeLisa Urech «tranquille et relax»

Lisa Urech apparaît sereine à l'approche de l'épreuve du 100 m haies à Daegu, où elle aura pourtant la délicate tâche de relancer la sélection suisse aux Mondiaux.

La finale est un objectif logique pour la Bernoise, 6e dans la hiérarchie mondiale et aussi la plus jeune à ce niveau.

«L'avenir lui appartient, pour autant qu'elle reste en santé. Si le futur proche lui appartient aussi, nous ne le savons pas encore», résume Sven Rees, l'entraîneur de Lisa Urech. Pas question de mettre la pression sur sa protégée et d'exiger à tout prix une finale en Corée. Il l'espère bien sûr, mais il faudra pour cela que Lisa Urech «coure dans les 12''7, soit autour de son record» en demi-finale samedi (pour autant qu'elle passe sans encombre les séries dans la nuit de jeudi à vendredi), prévoit-il.

La championne de Langnau, 7e des Championnats d'Europe l'an dernier à Barcelone, se donne les moyens de réussir. Elle est la porte-étendard de l'athlétisme suisse, une des très rares à pouvoir actuellement s'illustrer au plan international. Elle a fait de son sport son métier, comme le marathonien Viktor Röthlin et le sprinter Reto Amaru Schenkel. Tous les autres athlètes étudient ou travaillent à côté, au moins partiellement.

Chaperonnée et populaire

Du coup, Lisa Urech se retrouve déjà très exposée, alors même qu'elle n'a encore rien gagné en élite hors des frontières. Elle est déjà la sportive préférée des Alémaniques, pratiquement à égalité avec Lara Gut , selon un récent sondage du «Blick». Le journal zurichois s'est déplacé exprès à Majorque pour suivre sa préparation avant Daegu, Lisa Urech est sur tous les plateaux outre-Sarine, le «Weltklasse» qui la chaperonne organise des conférences de presse... L'Emmentaloise est très prisée.

Les espoirs qu'elles suscite sont à la mesure à la fois de son talent et du manque de champions actuellement en Suisse. Ses 12''62 de cet été à La Chaux-de-Fonds représentent la 57e performance mondiale de tous les temps. Sur les 56 athlètes qui la précèdent, seules quatre étaient aussi jeunes ou plus jeunes qu'elle au moment où elles ont réalisé leur chrono. Les mois et les années qui suivent s'annoncent donc prometteurs.

Malgré les attentes, Lisa Urech reste spontanée et disponible. «Je me sens plus décontractée et tranquille qu'avant les Européens M23» (ndlr: où elle était très déçue de n'avoir remporté que l'argent), dit-elle. La Bernoise ne passe pas son temps à éplucher les listes de départ ou les statistiques. Elle reste concentrée sur elle-même.

«Une compétitrice»

«Lisa est extrêmement appliquée, fixée sur ses objectifs. Et c'est une grande compétitrice, qui a de la dynamite dans les jambes», observe son coach. Sven Rees est convaincu qu'elle ira encore plus vite en s'alignant davantage dans des grandes courses internationales, ce qu'elle pourra faire plus facilement maintenant qu'elle a sa maturité professionnelle en poche.

Dans l'immédiat, Lisa Urech semble avoir trouvé un équilibre entre son ancrage emmentalois et sa base d'entraînement à Stuttgart, où elle est allée chercher l'expertise technique et athlétique. «Jusqu'à présent, nous avons atteint à 100 % nos objectifs depuis 2009», souligne Rees. Un petit bonus à Daegu serait cependant le bienvenu. (ats)

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