Daniel Reinhard / www.zwischengas.com
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L’Isuzu Piazza Turbo, le modèle rare du plus ancien constructeur automobile japonais

Avec un design de Giorgetto Giugiaro, un châssis Lotus, un moteur turbo quatre cylindres à traction arrière, une aptitude à un usage quotidien et une construction japonaise, l’Isuzu aurait dû voir la clientèle accourir en masse! Pourtant en Suisse, le succès a été mitigé.

par
Bruno von Rotz
9.12.2020

Isuzu s’est autoproclamé le plus ancien constructeur automobile du Japon. En 1914, une société précédente aurait construit le premier véhicule automobile. En 1918, la production de poids lourds a démarré. Les voitures de tourisme ont d’abord été fabriquées sous licence, avant que certains véhicules ne puissent être développés par la suite. Depuis 1971, Isuzu collabore avec GM. Dès les années 1960, les voitures de tourisme d’Isuzu étaient également exportées vers l’Europe. En fait, Isuzu était la marque de voitures japonaises la plus vendue en Suisse, en 1965.

Avec le soutien des Italiens

Quand Isuzu a eu besoin d’un successeur pour le coupé 117 à la fin des années 1970, les Japonais se sont tournés vers ItalDesign et Giorgetto Giugiaro leur a fourni un véhicule quasiment prêt pour la production, dont le prototype a été présenté au Salon automobile de Genève en 1979. Il a été rapidement décidé de produire la voiture, seules quelques modifications ont été apportées au design et seul le cockpit devait encore répondre à des idées plus conventionnelles que le prototype avec ses affichages entièrement électroniques et numériques. À partir de 1981, le coupé baptisé Isuzu Piazza a été vendu comme coupé de série au Japon, dans un premier temps. On avait le choix entre un moteur quatre cylindres de 120 ch ou de 135 ch.

Sur le plan technique, l’Isuzu Piazza était plutôt traditionnelle. Les moteurs quatre cylindres installés longitudinalement avaient un ou deux arbres à cames en tête et une cylindrée de 1950 cm³. Ils étaient couplés à une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports ou à une boîte automatique à quatre vitesses. La puissance était transmise par l’intermédiaire d’un arbre à cardan aux roues arrière, qui étaient guidées par un essieu rigide. À l’avant, il y avait des suspensions indépendantes avec des triangles trapézoïdaux et des ressorts hélicoïdaux. Le freinage était assuré par des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. La direction à crémaillère bénéficiait d’une direction assistée en option. Avec 431 cm de long, 165,5 cm de large et 130 cm de haut, le coupé était compact, mais relativement lourd avec environ 1115 à 1205 kg.

Dotée de 141 ch, l’Isuzu Piazza Turbo était capable d’atteindre les 210 km/h.

Dotée de 141 ch, l’Isuzu Piazza Turbo était capable d’atteindre les 210 km/h.

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La forme de l’Isuzu Piazza, présentée pour la première fois en 1979, n’est pas sans rappeler la Sirocco II de Volkswagen. Sauf que, contrairement à la Piazza, cette dernière n’a pas été dessinée par Giugiaro et a fait son entrée sur le marché que plus tard.

La forme de l’Isuzu Piazza, présentée pour la première fois en 1979, n’est pas sans rappeler la Sirocco II de Volkswagen. Sauf que, contrairement à la Piazza, cette dernière n’a pas été dessinée par Giugiaro et a fait son entrée sur le marché que plus tard.

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Le fait que la Piazza était une traction arrière n’apparaît pas au premier coup d’œil.

Le fait que la Piazza était une traction arrière n’apparaît pas au premier coup d’œil.

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Un coupé pratique pour un usage quotidien

À partir de 1987, l’Isuzu Piazza était également commercialisée en version turbo, en Suisse. Le moteur 2.0 litres fournissait désormais 141 ch et le véhicule affichait un prix de 34’900 francs. L’année suivante, le coupé a bénéficié d’un châssis retravaillé par Lotus, ce qui a encore amélioré sa tenue de route. Mais la fin de l’Isuzu Piazza n’était pas loin. Dès 1990, le programme de la voiture a été repensé. Une traction avant a succédé à la Piazza à traction arrière.

Une classique dynamique

Aujourd’hui, l’Isuzu Piazza ne parle plus qu’aux connaisseurs. Pour autant, elle passe relativement inaperçue. Comme bon nombre de youngtimers, la Japonaise paraît juste un peu hors du temps sur la route, mais passe par ailleurs incognito.

Le coupé trois portes est facile à conduire et on apprécie l’instrumentation satellite inhabituelle à gauche et à droite du volant, tout comme la vue panoramique parfaite et les confortables sièges. Les 141 ch fournissent une puissance suffisante pour ne mettre personne en retard. Grâce à son hayon et ses sièges arrière rabattables, l’Isuzu est, de surcroît, très pratique. Mais c’est avant tout un modèle rare que l’on a entre les mains. À l’heure actuelle, il n’y a guère plus que deux Isuzu Piazza en Suisse, alors qu’en Allemagne le modèle n’a officiellement jamais été vendu. Par conséquent, le coupé est actuellement plus rare qu’une Ferrari F40, pour ne citer qu’un exemple. Et il est tout aussi rouge!

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