Actualisé 03.12.2014 à 15:05

Suisse

Littering: l'humour plus efficace que les taxes

Pour lutter contre les déchets sauvages, le charme et l'humour ont plus d'effet que des taxes ou des injonctions, selon les principaux acteurs engagés contre le littering.

L'utilisation d'affiches a permis de réduire de quelque 60% les déchets sauvages, concluent des études récentes sur l'effet de diverses mesures, dont ont pris connaissance les représentants des communes, des cantons et du commerce de détail. Mais pas n'importe quelles affiche, notent les principaux acteurs engagés contre le littering à l'occasion de leur 6e rencontre à l'initiative de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Ce taux de 60% vaut pour celles présentant un message humoristique ou appelant à la préservation de l'environnement, a indiqué mercredi dans un communiqué la Communauté d'intérêts pour un monde propre (IGSU). En revanche les affiches appelant sur un ton impérieux à une élimination correcte n'ont enregistré qu'un taux de 25% de réduction, selon une étude à laquelle a participé l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Centime du littering

«Ceci nous encourage à continuer à motiver la population avec charme et complicité pour qu'elle élimine correctement ses déchets», déclare Nora Steimer, directrice de l'IGSU. Si les consommateurs doivent être sensibilisés à différents niveaux au problème, la prudence est en revanche de mise s'agissant de l'introduction d'une taxe sur le littering, comme l'ont demandé les villes suisses.

Ces dernières souhaitent introduire un «centime du littering». La taxe devrait frapper les bouteilles en PET, les canettes et les cigarettes afin de financer le nettoyage.

Question de comportement

Mais pour l'IGSU qui se base sur une étude lancée par la faîtière du commerce de détail et McDonald's Suisse, assistés d'économistes comportementaux, ce modèle pénalise les consommateurs qui se comportent correctement et surtout donne l'impression qu'on a le droit de jeter négligemment ses déchets parce que l'on a déjà payé une taxe pour la collecte.

Cela pourrait avoir un effet dévastateur à long terme, selon la Communauté d'intérêts. D'après les comportementalistes ayant pris part à l'étude, les principaux facteurs influençant le littering sont moins l'objet à éliminer ou la personnalité de l'individu que le lieu, le moment de la journée et le contexte social.

Selon la situation, chacun peut ainsi devenir l'auteur de déchets sauvages, écrit l'IGSU. Le degré de pollution d'un lieu a également une grande influence. Ainsi, des déchets qui traînent donnent l'impression qu'à cet endroit le littering est accepté et fait partie de la norme. Même pour le consommateur le plus scrupuleux, l'étape à franchir pour qu'il jette négligemment ses déchets n'est plus très loin, souligne la Communauté d'intérêts. (ats)

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