Aéronautique: Livraison du premier A400M en France
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AéronautiqueLivraison du premier A400M en France

L'avion militaire de nouvelle génération est arrivée lundi en France. Il provenait du site d'Airbus Military de Séville, où l'appareil a été assemblé.

l'A400M peut transporter jusqu'à 37 tonnes sur 3300 kilomètres.

l'A400M peut transporter jusqu'à 37 tonnes sur 3300 kilomètres.

Après de longues péripéties, Airbus part désormais à la conquête des armées avec cet avion de transport militaire européen ulta-moderne.

Il aura fallu dix ans pour que les sept pays partenaires - Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg et Turquie - viennent au bout des retards et surcoûts, auxquels s'est ajoutée la crise économique.

Au final, avec quatre ans de retard et un dépassement de budget de 6,2 milliards d'euros (environ 30%), Tom Enders, PDG de la maison mère d'Airbus EADS, livre l'appareil révolutionnaire à son premier client, la France.

Avion de transport militaire polyvalent, l'A400M est équipé de quatre turbopropulseurs. Il peut transporter jusqu'à 37 tonnes sur 3300 kilomètres puis se poser sur des terrains non préparés, comme le sable, avec des blindés ou des hélicoptères à bord.

Seul dans son créneau de marché

Il sera seul sur le marché face à un autre modèle américain à long rayon d'action, le C-130 de Lockheed Martin, d'une capacité de 20 tonnes et conçu il y a plus de 50 ans. Son autre concurrent, le C-17 de Boeing (76 tonnes), ne sera plus produit à partir de 2015.

Airbus Military espère en exporter 400 dans les trente prochaines années, au-delà des 174 déjà commandés en Europe et en Malaisie. L'Allemagne en a commandé 53, l'Espagne 27, le Royaume-Uni 22. Dix appareils seront fabriqués l'an prochain, puis environ trente par an.Après ce premier avion livré lundi, un deuxième appareil devrait être remis à la France d'ici à un mois puis un troisième avant la fin de l'année.

Risques

Le risque, a prévenu récemment le directeur de la stratégie d'EADS, Marwan Lahoud, serait que Paris réduise sa commande de 50, entraînant d'autres pays comme l'Espagne et l'Allemagne à réduire la leur. Cela se terminerait «par un écrasement général du programme» avec un renchérissement du coût unitaire de production tel «que l'export ne suffira pas à le compenser».

«Nous ciblons la zone du Golfe et la zone Asie-Pacifique, où de nombreux pays renouvellent leur flotte», avait indiqué en juin Domingo Ureña-Raso, PDG de cette filiale du groupe européen, «mais le meilleur marketing sera fait par les armées de l'air qui démontreront les capacités de l'avion lors de leurs opérations». (ats)

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