Livre sur Keckeis: la Confédération ne versera rien
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Livre sur Keckeis: la Confédération ne versera rien

L'armée ne versera finalement aucun denier pour l'ouvrage consacré à Christophe Keckeis. Le couperet est tombé mardi après quatre jours de polémique.

La décision de Samuel Schmid sonne comme un désaveu face aux propos tenus jusqu'ici par ses subalternes.

Le ministre de la défense a donné pour instruction à son département de ne pas recourir à des ressources publiques pour le financement de l'ouvrage intitulé «Christophe Keckeis - L'avenir de l'armée suisse». Tout en estimant que le chef de l'armée, qui prendra sa retraite à la fin de l'année, «mérite cette preuve d'estime», il souligne que ce livre est «dû à une initiative privée».

L'ouvrage doit être intégralement financé par des moyens privés. Il ne sera pas distribué aux militaires ou aux collaborateurs de l'administration fédérale, a précisé le Département fédéral de la défense (DDPS) dans un communiqué. Samuel Schmid a tranché après avoir commandé un rapport pour connaître le fin mot du financement de l'opération.

100 000 francs en jeu

La polémique fait rage depuis la présentation du livre à la presse vendredi. Selon Philippe Zahno, chef de la communication de l'armée et co-auteur de l'ouvrage avec le journaliste Anton Schaller, l'armée était prête à verser 100 000 francs pour acheter 5000 exemplaires (4000 en allemand et 1000 français) à l'éditeur Orell Füssli, à un prix réduit de 20 francs pièce.

Ces livres auraient en outre dû être distribués gratuitement aux officiers supérieurs. Ces propos ont enflammé jusqu'aux commissions de la politique de sécurité qui ont promis que le Parlement se pencherait sur l'affaire.

Interrogé par l'ATS sur la décision prise par Samuel Schmid, Philippe Zahno s'est déclaré heureux que l'affaire ait été tirée au clair. «Nous allons désormais chercher un financement privé», a-t- il déclaré. Selon lui, l'armée n'a jusqu'ici rien versé à Orell Füssli.

Interessé étonné

Sur les ondes de la radio alémanique DRS, Christophe Keckeis s'était quant à lui étonné, plus tôt dans le matinée de mardi, des remous autour du livre qui lui est consacré. Pour lui, le fait que l'ouvrage soit critiqué de toutes parts fait partie du système dans ce pays.

Le chef de l'armée a admis que jusqu'il y a une année, il ne savait rien du projet. Il avait alors insisté pour que cela ne devienne pas un «livre Keckeis». Il est néanmoins évident qu'il doit maintenant en assumer la responsabilité, a-t-il reconnu.

Sponsoring

Le livre a été traduit par les services du Département fédéral de la défense (DDPS). Mais les frais de traduction ont été remboursés par des sponsors dont certains vendent du matériel à l'armée. Ce mécénat finance aussi d'autres aspects du projet dont le vernissage et couvre le déficit prévu de la version française.

Quant aux personnes qui ont contribué à la rédaction du livre, elles ont travaillé sans rémunération particulière. Tous les employés de la Confédération qui se sont associés au projet ont été priés de le faire en dehors des heures de bureau.

(ats)

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