Votations du 24 novembre (GE): Logement: Genève votera sur le contrôle des prix
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Votations du 24 novembre (GE)Logement: Genève votera sur le contrôle des prix

L'initiative IN162 veut forcer l'exécutif à ne proposer que des projets empêchant la spéculation.

par
Jérôme Faas
Le texte ne sappliquerait quen période de pénurie (taux de vacance des logements inférieur à 2%).

Le texte ne sappliquerait quen période de pénurie (taux de vacance des logements inférieur à 2%).

Keystone/Martial Trezzini

Alors que la pénurie de logements étrangle Genève (le taux de vacance s'y fixe à 0,54%), une initiative de la gauche et des milieux de défense des locataires sera soumise le 24 novembre au peuple. Ses tenants veulent que, quand le Conseil d'État propose de déclasser un secteur pour bâtir, il soit forcé de choisir la zone de développement, où les prix de location et de vente sont contrôlés par l'État durant dix ans et une part d'environ 30% d'habitat social est imposée. L'IN162 entend lutter contre la spéculation.

Dans les faits, elle entérine la pratique du Conseil d'État, qui opte quasi systématiquement pour cette solution. Mais parfois, pour les villages, certaines communes avaient su le convaincre d'assouplir sa pratique. «C'est quelque chose d'assez inquiétant, juge Christian Dandrès, de l'Asloca. Personne, même à Cologny ou Troinex, n'a intérêt à payer trop cher.» Pierre Bayenet, d'Ensemble à Gauche, note aussi que l'IN162 forcerait toutes les communes à accueillir du logement social.

La droite et les milieux immobiliers rejettent ce texte. Adrien Genecand (PLR) souligne que la zone de développement oblige à faire des plans localisés de quartier, qui souvent génèrent «des barres rectangulaires standardisées». François Lance (PDC) veut éviter d'imposer «un carcan» au Conseil d'État et craint «d'ajouter de la complexité au problème du logement à Genève». Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre immobilière, parle «d'un inutile frein à la construction»

Le temps perdu, une arme de dissuasion

A première vue, l'IN162 paraît être un gadget: elle force l'exécutif à proposer des projets de construction avec des prix contrôlés, mais n'impose rien au Grand Conseil, à qui revient le choix final. Mais un point unit gauche et droite: si le Parlement ruait et optait pour des déclassements en zone ordinaire (libres de contraintes), les études préliminaires et les enquêtes publiques seraient à refaire. Le temps perdu, immense, dissuaderait toute velléité de bras de fer.

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