Actualisé 09.02.2020 à 16:41

Votations du 9 février

Logements abordables: la Suisse dit «non»

La Confédération et les cantons ne seront pas obligés de construire plus d'habitations à loyer modéré. Les Suisses ont refusé dimanche à 57,1% l'initiative de l'Association suisse des locataires lors d'un scrutin marqué par un röstigraben et un fossé ville-campagne.

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ats/ofu

Seuls cinq cantons dont quatre romands ont soutenu le texte pour davantage de logements abordables. Le canton urbain de Bâle-Ville s'est montré le plus enthousiaste avec 60,2% de «oui». Genève suit avec 60,1% devant Neuchâtel (56,2%), le Jura (53,2%) et Vaud (53,2%).

Les cantons bilingues de Fribourg (53,1% de «non») , de Berne (58,3%) et du Valais (67,1%) comptent parmi les opposants à l'initiative. Dans ce camp, Appenzell Rhodes-Intérieures est le canton le plus virulent avec 76% de rejet devant Obwald (72,3%) et Schwyz (72,3%).

Villes favorables

Dans les deux camps, les citoyens des grandes villes où il est généralement plus difficile de trouver un logement bon marché ont soutenu le texte. Cela vaut pour Lausanne et Genève, mais aussi pour Fribourg, Berne, Lucerne ou St-Gall par exemple. Ou encore Zurich qui compte pourtant déjà une forte part de logements coopératifs.

Au total, un peu plus de 963'000 électeurs ont glissé un bulletin favorable au texte de l'Association suisse des locataires. Le camp du «non» a réuni quelque 1,28 million de personnes.

L'initiative exigeait 10% de logements d'utilité publique dans le parc immobilier suisse. Pour y parvenir, cantons et communes auraient pu faire valoir un droit de préemption pour acquérir en particulier des immeubles de la Confédération ou d'entreprises comme les CFF ou La Poste. Les autorités auraient dû encourager des assainissements n'entraînant pas la perte de logements modérés.

Stop à la spéculation

Pour les défenseurs des locataires et la gauche, c'était le seul moyen de stopper la spéculation immobilière qui voit les locataires payer toujours plus cher et les investisseurs engranger des bénéfices record. Le texte devait permettre une répartition équitable des coûts de la transition énergétique.

Les propriétaires risquent de renoncer à des travaux nécessaires, ont rétorqué les opposants. Ils ont convaincu la majorité qu'il était de toute façon superflu d'intervenir sur un marché qui fonctionne via un quota rigide ne permettant pas de coller aux réalités locales. L'objectif irréaliste risque de coûter très cher à la Confédération et aux cantons, avaient aussi averti le gouvernement et le Parlement.

Le «non» ouvre la voie à l'entrée en vigueur d'un contre-projet indirect misant sur les instruments actuels. Les autorités vont renflouer de 250 millions de francs en dix ans le fonds de roulement qui octroie des prêts en faveur de la construction de logements d'utilité publique.

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