Loi antihooligans, garde-fou pour des prunes?
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Loi antihooligans, garde-fou pour des prunes?

Le Conseil des Etats veut doter la Suisse d'une loi contre le hooliganisme. Selon le projet des sénateurs, elle sera limitée à 2009 et met le paquet sur la répression.

Le radical genevois Pierre Maudet est déçu. Le président de la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse s'est battu en vain pour que la Chambre des cantons inclue des mesures préventives. «Mais cette loi ne s'occupe que de poser un cadre pour l'Eurofoot 2008», dit-il.

Tout le monde dans le même panier

Pour le radical genevois, le problème de la loi est aussi qu'elle met tout le monde dans le même panier, supporters et hooligans. «Ce sont les jeunes qui gravitent autour des noyaux durs des hooligans qu'il faut viser.» La loi retourne au Conseil national.

Les supporters, eux, craignent un durcissement, dans une absence «totale» de dialogue avec la Swiss Football League. «Les supporters qui aiment leur club et mettent de l'ambiance dans un match subissent une répression sans précédent, mais aucune mesure sérieuse n'est prise contre les hooligans», regrette Greg. Du haut de ses presque 20 ans, il préside le Blue-White Fanatic Kop du Lausanne-Sport.

«Beaucoup ont l'impression que le supporter de base dérange plus que le hooligan», relève le jeune homme. «Peut-être parce que notre démarche s'inscrit en faux contre le foot business », glisse-t-il. Et de s'insurger contre des règlements qui prévoient un permis pour port de mégaphone,mais qui ne s'occupent pas de la violence autour des stades.

Emmanuelle Robert

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